Vincent Bordot compte sur l'état d'esprit de son groupe pour assurer le maintien en National.
Vincent Bordot compte sur l'état d'esprit de son groupe pour assurer le maintien en National. (Photo ESSG)

Notre rédaction continue son tour de France des clubs de National 1 avec l’Entente Sannois Saint-Gratien qui retrouve ce niveau après huit années d’absence.

Vincent tout d’abord, quel bilan tirez-vous de votre mercato ?
« Je suis satisfait de la balance. Des trois joueurs qui sont partis, on savait qu’il y en aurait au moins deux. C’est tout à fait logique avec Karamoko et Etshimi. On est même content pour eux qu’ils signent des contrats pros dans un club de ligue 2 ou un gros club de National. Bien entendu on aurait préféré les garder mais c’est logique qu’il souhaite aller au-dessus. Pour Vincent Scotté, c’est plus un choix personnel. Pour ce qui est des arrivées, on a fait signer des joueurs que l’on avait ciblé depuis un certain temps donc c’est positif. »

Principalement des éléments de qualité évoluant en dessous du National ?
« Oui des joueurs à fort potentiel que l’on avait trouvé bon en CFA ou qui sortaient d’une grosse saison en CFA 2 à l’image de Simon Dia. Prendre des bons joueurs confirmés de National on en avait pas les moyens, et on estimait que ce sont des joueurs qui avait le potentiel pour pleinement s’exprimer en National. On veut rester dans la même moyenne salariale pour tous les joueurs. »

Il y a juste le cas Anthony Pétrilli qui devait signer à Sannois et qui a finalement pris la direction du Red Star ?
« Le joueur nous avait donné son accord et il était même heureux de nous rejoindre. Finalement il a trouvé que c’était mieux d’aller au Red Star. Alors c’est logique car ce n’est pas le même standing de club mais en termes de moral et du respect de la parole donnée, ce n’est pas ce qui fait de mieux.  On va dire que ce sont les aléas du football moderne. »

Est-ce que la saison dernière, où vous avez connu une grosse lutte pour la montée, va vous aider à faire face à ce championnat si homogène ?
« On a vu que ce groupe-là ne lâchait rien et qu’il était fort mentalement. A la trêve nous étions tout de même à sept points de Saint-Maur et on a su revenir. Mes joueurs sont très compétiteurs et en plus ils aiment être ensemble. Alors oui c’est certain, j’espère que cela va nous aider car on découvre ce niveau et en plus on a fait un recrutement de joueurs de CFA. Cette cohésion cette grosse envie de faire mal à l’adversaire dans le jeu va nous aider dans ce championnat très homogène avec des équipes qui nous sont normalement supérieures sur le papier. On espère faire une bonne saison et essayer de se caler très rapidement dans une partie du championnat qui soit assez loin de la zone rouge. Mes hommes ont en tout cas une grosse faim, une grosse envie de découvrir ce niveau, de nouveaux stades car ça fait très longtemps qu’ils luttaient contre les mêmes équipes. »

« Je sais qu’ici on travaille tous ensemble. »

Le club qui a connu le National il y a huit ans était-il prêt à retrouver ce niveau de compétition ?
« Il y avait des objectifs qui étaient fixés quand j’ai repris le club il y a six ans. Au départ on voulait remonter dans les trois / quatre ans à ce niveau mais on a été rétrogradé administrativement en CFA2. On a mis deux ans à remonter en CFA puis quatre ans pour remonter en National. Au niveau des infrastructures, je pense qu’on n’a rien à envier à certains clubs de Ligue 2. Nous avons un beau stade, de très beaux terrains d’entraïnement. Après ce qui fait la différence, c’est le budget. Nous avons 1200 licenciés et on ne met pas tout sur l’équipe première même si c’est la vitrine du club. On a des dirigeants qui sont réalistes et on ne se débrouille pas trop mal tout en n’ayant pas de gros moyens. Certains ont 1,5 millions de budget et mettent 1 millions pour leur National. Nous, si on a 1,2 millions pour la saison il y seulement la moitié pour l’équipe première car nous mettons l’argent sur notre formation avec des équipes qui évoluent en U19 et U17 nationaux. C’est aussi la raison pour laquelle le club a été élu meilleur club amateur. On ne peut pas négliger nos équipes jeunes. C’est un choix de club vraiment intéressant mais après c’est à nous de démontrer que l’on peut procéder autrement que la seule donnée financière. »

D’un point de vue personnel c’était la sixième année avec Sannois ?
« J’ai toujours privilégié le côté affectif. Je travaille très bien avec mon président, avec mon directeur sportif et on le fait en harmonie. C’est un grand luxe. J’ai eu des propositions. Je les ai écoutées mais il faut aussi réfléchir au bien-être. Je n’ai pas envie de travailler des gens qui me mettent des bâtons dans les roues. Je sais qu’ici on travaille tous ensemble. Si on était resté en CFA, je pense que j’aurais très certainement pris la même décision. »

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