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Un joueur de l’Hérault a été condamné à un mois de prison avec sursis pour avoir gravement blessé un joueur lors d’un match amateur. Explications.

Un tacle les deux pieds décollés du sol, c’est « une faute que l’on peut qualifier de véritable agression caractérisée et qui est répréhensible ». C’est ce qui s’est passé mercredi au tribunal correctionnel de Montpellier, comme l’a indiqué Philip Ughetto-Porteglio, le représentant le ministère public. Comme l’ont dévoilé nos confrères de Midi Libre, un joueur de football amateur a écopé d’un mois de prison avec sursis après avoir (trop) durement taclé un adversaire le dimanche 21 septembre 2014 à Saint-Thibéry.

Petit rappel des faits. Au bout de cinq minutes, un joueur de l’AS Gignacois avait très durement taclé un adversaire du club local. Logiquement exclu, il avait écopé de… trois matches de suspension puisque la commission de discipline avait estimé « qu’il n’y avait pas dans cette action d’intention de blesser ; il s’agit donc d’un malheureux fait de jeu » à la suite des différents rapports. Sauf que le joueur de Gignac, victime d’une fracture du tibia et d’une fracture ouverte de la cheville, s’était vu délivré une Interruption Temporaire de Travail (ITT) de 240 jours !

Un joueur, un club et un assureur condamné solidairement !

Après appel du SC Thibérien et du comité de direction du District de l’Hérault, le joueur auteur de la faute a été condamné à 12 matches de suspension. Mais la victime avait aussi déposé plainte. Et le tribunal correctionnel a donc condamné le « tacleur » à un mois de prison avec sursis. Sauf que cette affaire ne va s’arrêter là puisqu’elle devrait se poursuivre au civil. L’intérêt ? Une condamnation pécuniaire…

Le 13 janvier 2016, le Tribunal de Grande Instance de Clermont-Ferrand a en effet condamné solidairement un « joueur-tacleur » amateur, son club et son assureur à payer à un « joueur-victime », qui avait eu une fracture du tibia, une somme de 24 463,70 €, à titre de dommages et intérêts. Elle l’aussi condamné également à payer à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) du Puy-de-Dôme la somme de 20 640,92 € comme le rapporte l’avocat Thierry Granturco sur son blog.

Ce genre de dossier risque d’ailleurs de se multiplier dans les mois ou années à venir car, si les sanctions sportives semblent très minces, « la justice finit toujours par rattraper le joueur-tacleur ».

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