Les joueurs de Benfeld ont vécu une terrible agression lors d'un match sans véritable enjeu.
Les joueurs de Benfeld ont vécu une terrible agression lors d'un match sans véritable enjeu. (Photo DR)

En mai 2018, un joueur d’origine africaine avait subi une violente agression physique. Pourtant, c’est lui qui est poursuivi. Consternant !

Le 6 mai 2018, trois joueurs d’origine africaine avaient été victimes de propos racistes mais aussi d’une violente agression lors du match entre Mackenheim et Benfeld en Départemental 3. Kerfalla Sissoko avait en effet été emmené à l’hôpital par les pompiers, son bilan médical faisant froid dans le dos : fracture ouverte de la tempe, trois autres au niveau de la pommette, un traumatisme crânien et la mâchoire déplacée avec dix jours d’ITT à la clé.

La commission de discipline de la Ligue du Grand-Est avait déjà envoyé un très mauvais message en prenant la même sanction pour les agresseurs et les victimes – dix matchs de suspension – alors que le barème disciplinaire prévoit au minimum trois ans pour « Acte de brutalité / coup occasionnant une blessure dûment constatée par un certificat médical, entraînant une I.T.T. supérieure à 8 jours ».

Ce mardi 19 mars, Jean-Michel Dietrich, président de l’AS Benfeld, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour… diffamation ! Il s’était en effet indigné sur Facebook pour dénoncer les faits. Mais son homologue de Mackenheim avait décidé de se porter partie civile pour défendre la réputation de son club. « Cachez ce racisme que je ne saurais voir » a lancé Maître Lahcène Drici, l’avocat du président de Benfeld, dans sa plaidoirie. La décision a été mise en délibéré au 23 mai.

Le problème, c’est que la Gendarmerie n’a pas du tout enquêté sur les propos racistes, que les joueurs accusés d’agression physique n’ont pas été sanctionnés par la justice… sans compter le silence du club de Mackenheim et de la Ligue du Grand-Est qui n’ont jamais pris de nouvelles du joueur violemment agressé.

Pire… Kerfalla Sissoko va prochainement être entendu par les Gendarmes, comme l’a indiquée son avocate Maître Caroline Bolla, « pour des faits de violence aggravée qu’il aurait commis alors qu’il agonisait sur le terrain », propos rapportés par Libération. Ce dossier est consternant à tous points de vue puisqu’au-delà des propos racistes, la violente agression d’un joueur lors d’un match sans enjeu a été complètement mise de côté.

>>> Plus d’informations sur le site du quotidien Libération


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