Reprise Alès
Stéphane Saurat (à gauche) et ses joueurs lors de la reprise de l'entraînement. (Photo OAC)

Entraîneur de l’Olympique d’Alès depuis 2018, Stéphane Saurat a démissionné la semaine dernière. Mais le technicien devrait rester au club dans un autre rôle.

Une semaine après votre départ de l’Olympique d’Alès, comment vous sentez-vous ?

« C’était une décision difficile à prendre. Je reste passionné par mon métier. Je m’investis énormément dans les missions qui me sont données. Je me sentais à ma place à Alès. Prochainement, je dois rencontrer les dirigeants pour voir sur quels autres postes notre collaboration peut se poursuivre. »

Vous devriez donc rester au club ?

« Cette volonté est partagée par les dirigeants ainsi que moi-même. On verra si ce souhait aboutira à du concret. Je ne peux pas le dire aujourd’hui. »

« En tant qu’entraîneur, je suis responsable »

L’équipe était en difficulté en championnat, mais l’élimination en Coupe de France a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ?

« Effectivement, c’est à ce moment-là que j’ai pris ma décision. Mais ce n’est pas l’élimination contre Montauban qui a provoqué ma démission. J’avais cette réflexion depuis nos trois derniers matches. J’avais le sentiment que le travail effectué en semaine et les consignes ne se retrouvaient pas en totalité sur le terrain. Pour exister en N2, il faut un certain niveau d’engagement, de discipline et d’exigence optimale. Je n’avais pas ce sentiment lors de nos performances. En tant qu’entraîneur, je suis responsable. »

Comment expliquez-vous ce mauvais début de saison ?

« Il y a plusieurs facteurs. Tout d’abord, on était en pleine découverte de ce championnat. Entre la N3 et la N2 il y a plein de différences. On s’est retrouvé confronté à la difficulté d’élever notre niveau de jeu pour exister. Ensuite, on n’a pas pu jouer à domicile. Pour recevoir on se déplaçait à Uzès qui est à 30 km de chez nous. Lorsque que chaque week-end tu as l’impression de jouer à l’extérieur sur du synthétique, une pelouse sur laquelle tu n’as pas l’habitude de t’entraîner, c’est compliqué. Les garçons qui étaient performants la saison dernière ont eu du mal à s’adapter. Et si quelques recrues ont donné satisfactions, les autres ont eu du mal à élever leur niveau de jeu. »

« Le groupe n’était pas en phase avec cette idée de jeu ! »

Qu’avez-vous tenté pour changer cette tendance ?

« On a fait énormément d’entretien collectif et individuel. J’ai essayé de changer l’organisation et les joueurs mais je ne disposais pas d’un effectif pléthorique. J’ai essayé de faire du travail vidéo, de m’appuyer sur certaines recrues qui avaient des rôles de leaders dans leurs équipes précédentes. J’ai essayé toutes ces possibilités mais on n’a pas réussi à être plus performant. L’ensemble du groupe n’était pas en phase avec cette idée de jeu et de progression. C’est surtout cela qui m’a poussé à prendre cette décision. Dans notre projet, on ne pouvait pas se permettre d’avoir des divergences. »

Estimez-vous qu’on vous ait donné toutes les cartes pour mener à bien votre mission ?

« Je n’ai rien à reprocher à mes dirigeants. Ils m’ont laissé travailler et essayer de nous mettre dans les meilleures conditions avec les moyens qu’on disposait. Je savais à quoi m’attendre. Je n’étais pas dans des dispositions optimales mais je le savais déjà. Je n’ai pas réussi à convaincre les joueurs. Je me sens responsable. Le plus important et que le club reste en N2 et peut-être qu’un autre entraîneur réussira cette mission. Ce qui prédomine c’est l’intérêt général du club. Mais le terrain me manque déjà. »

Stéphane Saurat : « Il faut que je digère mon départ »

Comment les joueurs ont vécu ce départ ?

« J’ai reçu beaucoup de messages de soutien de la part des joueurs et des dirigeants. Cela m’a fait chaud au cœur. Je me suis engagé dans une aventure sportive et humaine et on a partagé pas mal de choses que ce soit des bons ou des mauvais moments. »

Si jamais l’opportunité de repartir avec Alès n’aboutit pas, seriez-vous prêt à repartir sur un nouveau challenge ?

« Dans un premier temps, il faut que je digère mon départ. Dans ce genre de mission, on donne beaucoup de choses. On s’engage à 200%. On verra bien la suite avec Alès. C’est un club que j’aime énormément. J’ai aimé travailler avec les dirigeants, les joueurs ainsi que mon staff technique. Je garde des liens forts avec eux. On verra ce qu’il se passe mais c’est un souhait commun de poursuivre l’aventure. Si cela ne se fait pas je verrais bien ce qu’il se présente à moi. Ma détermination et mon envie de faire des choses à ce niveau sont toujours intacts. »

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