Raphaël Rodriguez Thaon 2
La joie de Raphaël Rodriguez après la qualification contre Sochaux. (Photo Ligue de Football du Grand-Est)

L’ES Thaon (National 3) a éliminé le FC Sochaux Montbéliard (L2) lors du 8ème tour de Coupe de France. Un exploit historique raconté par Raphaël Rodriguez (32 ans), l’indéboulonnable gardien de but vosgien, décisif lors de la séance de tirs au but.

Raphaël, quelle est la sensation après une telle performance ?

« C’est une qualification historique pour le club car on n’avait jamais éliminé un club pro. On écrit une page de l’histoire de l’ES Thaon et c’est une immense fierté. Après le dénouement, c’étaient des émotions incroyables au terme d’un scénario fou. »

Vous parvenez à égaliser à 2-2 à la 87eme minute… 

« Nous avons un peu subi en début de rencontre et on prend le premier but sur penalty après une petite injustice. On ne s’est pas démobilisé pour autant car on sait qu’on a déjà réalisé des incroyables come backs. On a gardé l’espoir et notre égalisation est méritée. Le deuxième but sochalien aurait pu faire mal à n’importe quelle équipe mais on savait qu’on pouvait aller chercher avec les tripes. »

Ce fut un match engagé dans les duels notamment. Comment avez-vous réussi à déjouer leur plan ?

« En effet, il y avait beaucoup d’engagement sur un terrain très gras et même s’il y a eu deux expulsions, le match s’est déroulé dans un bon esprit. Ce ne sont pas des fautes très sévères mais il y avait de l’intensité. On n’était pas là pour se faire marcher dessus. »

Raphaël Rodriguez a stoppé deux tirs au but durant la séance. (Photo LGEF)

Raphaël Rodriguez : « Il y avait un historique à venger »

Votre adversaire avait aligné une équipe remaniée. Est-ce que ça a joué dans vos têtes ?

« Peu importe car ça reste des pros en face qui s’entrainent toute la semaine. On savait juste que si on voulait créer quelque chose, il fallait faire un match parfait, pas un très bon match. On ne s’est pas spécialement focalisé sur l’adversaire, on a joué notre football afin de pouvoir réduire au maximum l’écart de niveaux qu’il pouvait y avoir au coup d’envoi. »

Le club prend sa revanche sur le 32ème de finale perdu face à Sochaux en 2013…

« Exactement et Sochaux était en L1 à l’époque. Anthony Colin (35 ans), blessé hier, est le seul joueur de notre effectif à avoir participé à cette rencontre. Même si le groupe actuel a plus de recul sur cet événement, nous étions au courant, il y avait un historique à venger (rires). »

Un dénouement qui arrive sur une séance de tirs au but rondement menée…

« J’en arrête deux effectivement, ils en tirent un au-dessus et le fait d’enlever les prolongations a changé beaucoup de choses en Coupe de France. En 2018, au 8eme tour contre Valenciennes, nous étions menés 3-0 et nous avions réussi à inverser la tendance pour revenir à 3-3. Malheureusement, les 30 minutes supplémentaires avaient eu raison de nous. Les pros sont physiquement au-dessus mais sans prolongations, le « petit » a ses chances ! »

L’ES Thaon a pu compter sur Raphaël Rodriguez, son indéboulonnable portier ! (Photo LGEF)

« C’est avant tout une victoire collective ! »

Hier soir, tu as prouvé que le gardien de but et la Coupe de France ont une histoire à part !

« En réalité, je n’ai pas eu tant de travail que ça pendant la rencontre même si on encaisse deux buts. Je me suis dit que les arrêts, il fallait les faire maintenant, au moment des penalties. J’ai de la réussite, j’en stoppe deux, un troisième qui part au-dessus. Et les gars qui ont été solides mentalement pour transformer le leur. Ça donne de la confiance au gardien mais c’est avant tout une victoire collective. »

Maintenant, on imagine que vous attendez le tirage…

« C’est vrai qu’on attend lundi avec impatience même si les 32emes de finale se joueront le week-end du 8-9 janvier. Nous n’avons pas de coupure Coupe du Monde en National 3 (rires) et on a encore 4 matches de championnat à disputer avant Noel. Nous n’en avons pas encore discuté avec les gars mais j’espère vraiment qu’on va prendre une Ligue 1 à domicile ! »

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