Sylvain Macé s'est engagé avec l'OC Cesson Sévigné afin d'aider le club à monter en National 3.
Sylvain Macé s'est engagé avec l'OC Cesson Sévigné afin d'aider le club à monter en National 3. (Photo DR)

L’ancien joueur professionnel passé par le FC Lorient se livre sur son parcours et révèle l’envers du décor d’un football de haut-niveau pas toujours très tendre.

Son histoire prouve que rien n’est jamais acquis. Sylvain Macé a touché du doigt son rêve mais les portes de la gloire se sont refermées presque aussi brutalement qu’elles s’étaient entrouvertes. Pourtant tout prédestinait ce milieu de terrain, pétri de qualité, à un brillant avenir. « Avec le Stade Rennais, on a gagné le championnat de France U17, la Gambardella en 2003 et aussi le championnat de France amateur avec la réserve, rappelle le petit gabarit (1m64) de la génération 84. J’étais dans un meilleur club formateur qui visait l’excellence. J’avais un rêve, c’était de percer et jouer en Ligue 1. »

Sa trajectoire, à priori bonne, le conduit dans le Morbihan. « J’ai signé pro à Lorient. On avait mis deux ans pour remonter en Ligue 1. J’ai fait beaucoup d’efforts mais au final je n’ai pas joué beaucoup. J’ai été un peu naïf car il y a un énorme fossé entre la formation et le monde pro. Quand tu signes un contrat pro, c’est à partir de ce moment-là que tout commence. » Avant de préciser : « Quand tu vis des choses injustes, il faut y aller tous les jours à l’entraînement surtout quand tu ne joues pas le week-end. C’est dur… »

« Quand t’es barré en France, tu ne remontes pas ! »

Quinze matches de Ligue 2 au compteur accompagnés d’une montée en Ligue 1 en fin de saison ne lui permettent pas de s’inscrire durablement dans le paysage footballistique français de haut niveau. La solution du rebond passe alors par le club du Vannes Olympique Club qui évolue en National. « Je suis allé au VOC pour rebondir. J’ai fait vingt-huit matches dont un quart de finale de Coupe de France contre l’Olympique de Marseille. J’ai terminé meilleur joueur de la saison au classement des Etoiles France Football. »

Mais là encore, après un passage au Paris FC, l’élite du football le boude. Avec le recul, il tente d’apporter des explications. « Rien n’est facile. Il faut surtout faire les bonnes rencontres. Rester ouvert à tout et savoir que cela peut être long. Il faut savoir être patient. La chance fait aussi partie du jeu. » En quête de temps pour s’exprimer sur le terrain et retrouver du plaisir, Sylvain Macé se laisse tenter par une aventure à l’étranger.« Quand tu es barré en France, t’as beau essayer de remonter, tu ne remontes pas ! Le monde professionnel te déçoit après. La réussite ne dépend pas uniquement de la valeur du joueur mais de son relationnel et de son réseau. Clairement parfois, c’est du business… »

« J’en ai encore sous la semelle ! »

Le Luxembourg et la Belgique seront propices à son épanouissement même avec un statut semi-pro. « Dans des petits clubs belges, il y a beaucoup de joueurs de très bon niveau. Des joueurs qui ont été pros ou formés à Anderlecht ou au Standard de Liège par exemple. » Il pensait finir sa carrière dans le plat pays mais c’est finalement un retour aux sources qui a motivé ses choix.

« J’avais des contacts en Belgique pour signer dans des clubs un peu plus huppés. Je pensais faire mon après carrière là-bas mais j’ai dû rentrer sur Rennes pour diverses raisons. J’ai pris le temps de la réflexion et Cesson m’a paru la solution la mieux adaptée. » Aujourd’hui, à trente-quatre ans, l’ancien joueur de Rebecq va essayer d’apporter toute son expérience et son vécu à sa nouvelle équipe. « Cesson est bien structuré et sain. Les jeunes écoutent bien les consignes. J’ai envie de transmettre pour les aider car j’aimerais bien que l’on monte. L’envie et le plaisir sont toujours là et je sens que j’en ai toujours sous la semelle. » Sylvain Macé, une sacrée force de caractère…

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