A la FFF, c'est compliqué d'avoir un interlocuteur !
Le siège de la FFF. (Photo Jérôme Bouchacourt)

La vie d’un club est jonchée de difficultés. Parmi ces dernières se trouvent celles liées au financement. Pour y faire face les responsables de clubs ont recours à plusieurs solutions dont les subventions d’Etat. Quelle dépendance, à l’instar des video poker,  ont les clubs par rapport à ces sommes ? Ces sommes suffissent-elles ? Voilà autant de questions auxquelles nous répondront dans les quelques lignes qui suivent.

Les clubs amateurs et les subventions

Le rapport des politiques sportives en France après les auditions de mai à juillet 2018 a révélé qu’environ 37 millions d’euros représente la dépense sportive nationale en 2014, soit 1,73 % du PIB. Ces chiffres sont à prendre avec bémol car elles peuvent ne pas refléter les dépenses consacrées au sport en général. Ils sont assez vieux car les chiffres liés à un exercice donné ne sont connus que trois années plus tard.

Les données sont également incomplètes car n’incluant pas les dépenses fiscales. L’analyse des chiffres de la période révèle toutefois que la France représente environ le quart de l’ensemble des dépenses publiques dédiées au sport, dans l’Union Européenne. Il est notamment, parmi les grands d’Europe, celui qui met le plus d’argent dans son sport. L’Etat s’implique dans les équipements sportifs, mais n’est pas le seul pays à le faire. Toutefois le privé investi davantage dans les pays partenaires de l’UE. En Espagne, 65 % des équipements sportifs de proximité appartiennent à des personnes morales de droit public.

En Italie, il s’agit de 57%. Dans le football, en Angleterre, 86% des stades des clubs professionnels et 78 % en Italie, appartiennent à des personnes morales de droit privé. En France par contre, en 2018 seuls 4 stades accueillent des clubs de football de Ligue 1 Conforama. Il faut toutefois relativiser car deux de ces constructions ont reçu le financement privé-public. Ces subventions restent néanmoins insuffisantes pour les bénéficiaires.

Des subventions qui vont en diminuant

De nombreux clubs amateurs sont grandement dépendants des subventions publiques. Elles leur permettent d’équilibrer leur budget. Ces subventions sont pourtant en baisse ces dernières années. Les clubs s’évertuent donc à trouver des moyens pour sortir de cette dépendance. Environ 80% des clubs qui bénéficient de ces sommes sont aujourd’hui en difficulté. 60% d’entre eux constatent la baisse de leurs subventions publiques, tandis 46% de leurs recettes d’activités sont en décroissance.

Pour faire face à la baisse des recettes, les clubs ont la tentation de demander l’augmentation annuelle des cotisations à leurs adhérents. Il faut noter que cette approche peut vite montrer ses limites. L’augmentation de la cotisation est synonyme de cherté. La concurrence étant rude dans le secteur, il faut donc garder un œil sur cet indicateur. Pour permettre à tout le monde d’avoir également accès au sport amateur il faut en outre garantir un montant peu élevé des cotisations. Pour joindre les deux bouts, les clubs se lancent également dans la recherche de sponsors. Ceux de l’élite arrivent à s’en sortir, mais ceux des ligues amatrices ont plus de difficulté à convaincre les partenaires.

Les responsables d’association ont deux solutions pour se sortir de ces difficultés. Ils peuvent attendre que la situation s’améliore ou que les subventions augmentent. Ils peuvent, par ailleurs, prendre l’initiative en changeant leur approche auprès des partenaires et des potentiels licenciés. Ils auront ainsi plus de succès en ce qui concerne le sponsoring. L’attente de l’augmentation du montant des subventions sera toutefois vaine au vu de la déclaration de l’ex-Ministre des sports devant le Sénat  « Ce n’est pas le rôle de l’Etat de financer durablement les clubs ! »

Laura Flessel s’était montrée très ferme le 19 juillet en expliquant « engager une réforme profonde de la gouvernance du sport français qui va conduire à une mutation économique du modèle sportif ». Il n’est donc pas exclut que certaines fédérations voient leurs subventions baisser et dans le même temps, certains clubs. Déjà en 2018 le budget du CNDS a diminué d’environ 100 millions d’euros.

Elle affirme que « L’Etat accompagnera les acteurs associatifs dans cette période de transition. D’où l’objectif de libérer une enveloppe de 5,6 millions d’euros en soutien aux clubs en difficulté. » Un montant qui semble être insignifiant quant à la demande. Les clubs amateurs doivent donc, pour survivre, trouver d’autres sources de financement.


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