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Depuis quelques mois, le nombre de joueurs victimes d’un malaise cardiaque est en hausse sur les terrains de football

Dimanche dernier, Karim Ayache a été victime d’un malaise cardiaque lors d’un match de Régional 2 dans l’Oise. L’attaquant de 25 ans s’est brusquement effondré sur la pelouse à la 75e minute de jeu. Un joueur adversaire, médecin de profession, lui a immédiatement prodigué les premiers soins avant d’être pris en charge par les pompiers qu il’ont emmené au Centre hospitalier de Soissons. Plus de peur que de mal pour le joueur de Valois-Multien dont l’électrocardiogramme n’a pas décelé d’anomalie.

Le nombre de malaises cardiaques semble en hausse dont certains ont touché de très jeunes footballeurs comme Tidiane (6 ans) en septembre 2017 à Grenoble, Baptiste (12 ans) à Guingamp en mars 2018, Martin (17 ans) à Bondues (Nord) en août 2018 ou encore Thomas (18 ans) en mars 2018 à Tours et Samba (18 ans) en avril 2018 au Havre. Mais cela touche aussi des joueurs plus vieux à l’instar de Thibaud (32 ans) à Corbas (Rhône), toujours en avril 2018.

« Des morts sur le terrain, il y en aura toujours ! »

« C’est difficile de dire qu’on a les mêmes pathologies suivant les cas, expliquait Emmanuel Orhant, le directeur médical de la fédération française de football, au printemps. Dans les clubs professionnels, le suivi est très strict avec des obligations comme le bilan cardiaque. Dans les centres de formation, il y a un examen clinique tous les ans avec une échographie cardiaque. »

Ce qui n’est pas le cas pour les footballeurs amateurs. Surtout que depuis le début de la saison 2017, le certificat médical n’est plus obligatoire que tous les trois ans… les joueurs ou joueuses ne contentant de remplir un questionnaire médical pour renouveler leur licence. Le premier examen vient du médecin traitant qui peut détecter un souffle au cœur et ainsi demander des examens complémentaires.

Des catégories d’âge qui sont plus touchées

« Des morts sur les terrains, il y en aura toujours, malheureusement, a souligné Xavier Lambertyn, médecin du sport, à nos confrères du Parisien. Les cardiologues du sport le disent bien : le risque zéro n’existe pas. Ou alors il faudrait faire des campagnes de prévention énormes mais vous ne voyez pas le coût ! Une épreuve d’effort, c’est entre 150 et 200 €. On arrive quand même déjà à éliminer certaines choses avec des examens simples. Les gars qui font des arrêts cardiaques à cet âge-là (NDLR : une vingtaine d’années), c’est souvent parce qu’il y a une malformation. On n’est pas sur un terrain qui est neutre. »  

Il faut tout de même savoir que de nombreux cardiologues du sport estiment que le risque de mort subite est « deux ou trois fois plus importants chez des sujets de 12 à 35 ans qui pratiquent la pratique sportive intensive ». Mais « les hommes de 45 à 50 ans qui font du sport en loisirs » sont aussi le plus souvent frappés par ces décès fulgurants et imprévisibles.

Il est donc indispensable de faire attention aux symptômes, quelque soit son âge (voir ci-contre). Et si vous avez un doute, il ne faut pas hésiter à consulter afin d’éviter un nouveau drame.

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