Ce billet d’humeur est celui d’un joueur fraîchement retraité qui a passé de nombreuses années sur les terrains… au détriment de sa vie de famille !

« Avant de te connaître j’aimais bien le foot, depuis les choses ont bien changé ! » Ces mots de ma femme, je les ai entendus plusieurs fois. « Quel égoïsme » fut ma première réaction. Puis le temps passant, j’en ai tiré de l’admiration pour cette femme. Un week-end de stage par-ci… trois entraînements dans la semaine par-là… une collation quatre heures avant un match le dimanche… des déplacements de 11h à 19h le dimanche… des troisièmes mi-temps pour la cohésion de groupe…

Le tableau que je présente a de quoi émoustiller le footballeur que je suis, du temps passé avec les potes, des barres de rire, de l’effort physique… Mais pour la plupart de nos femmes (certaines passionnées sont toujours présentes, peu importe la saison), ce programme idyllique ressemble plus à participer aux repas de famille SEULE, gérer les gamins SEULE, s’occuper du petit qui est malade SEULE, manger le dimanche midi SEULE, passer deux à trois soirées par semaine SEULE… Et le pire dans tout ça, on est capable de s’affaler sur le canapé pour regarder le CFC quand on rentre le dimanche parce qu’on est fatigué de notre match (si en plus on a perdu, on partage notre mauvaise humeur bien sûr).

Car il est évident que madame elle ne peut pas être fatiguée, elle n’a pas couru… Ou plutôt si, elle a couru après le petit qui commençait ses premiers pas, derrière le grand qui apprenait à faire du vélo, à préparer le repas pour le soir, à faire les devoirs des gamins pour le lundi, laver du linge pour que tout ce petit monde soit habillé de la tête aux pieds le lendemain… Super programme vous me direz, un emploi du temps qui inversé nous ferait déprimer au bout de 2 semaines (et encore je suis gentil).

« Prendre soin de notre cadre familial ! »

Alors oui, je n’ai pas été toujours d’accord avec elle. Oui, il m’est arrivé de partir fâché par de telles remarques les soirs d’entraînement. Par MON égoïsme, je ne comprenais pas sa réaction et lui en voulait de ne pas partager cette passion chronophage.  Tout en écrivant ses lignes, je n’arrive toujours pas à déterminer les limites à donner car le foot, par son aspect collectif, demande un minimum d’implication, de respect du coéquipier, de présence aux entraînements, d’investissements dans le club…

Inversement, l’épanouissement du joueur passera par une vie de famille saine, il sera ainsi plus serein donc moins de tensions, moins de risques de blessures. On voit bien la nécessité de prendre soin de notre cadre familial car il en résultera de notre réussite sportive. Le foot est un passage alors que la famille c’est pour la vie…

Me voilà maintenant de l’autre côté de la barrière, les dimanches changent, la marche du dimanche n’est plus avec les coéquipiers mais avec femme et enfants, le repas se partage en famille, le match de 15h c’est celui à la télé, le CFC est plus facile à imposer… Bien sûr il manque cette adrénaline, cette boule au ventre, mais il est tout aussi agréable de partager le match du dimanche derrière la main courante avec son fiston à côté.

« La femme est au-dessus du ballon rond »

Alors mesdames merci ! Merci pour la liberté que vous nous donnez dans cette pratique même si cela vous pèse.  Nous avons une dette envers vous, la « carrière » d’un joueur n’est pas sans fin, un jour nous vous redonnerons le temps et l’attention que vous méritez et que l’on a trop souvent oublié. Il faut avoir vécu dans un vestiaire pour comprendre les liens qui unissent une équipe et le plaisir que l’on a à passer du temps ensemble. Ce lien n’est pas de l’amour mais par moment il peut s’en approcher, bien sûr il n’est pas le même que celui qu’on vous porte.

J’ai toujours dit que j’avais deux amours dans ma vie (ma femme et le foot), mais si j’ai réussi ce que je voulais dans le foot c’est grâce à la compréhension et à l’amour de ma femme. Le bilan est donc vite fait, la femme est au-dessus du ballon rond et pourtant elle est capable de s’effacer au profit du ballon rond. Donc messieurs à vos portefeuilles, vous devez bien un resto à vos femmes.


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