Le club de Bordeaux Deals a deux recrues de choix cette saison. (Photo DR)

Sidney Govou, Rio Mavuba, Jaroslav Plašil… Tous ces joueurs connus du grand public ont choisi de rejoindre le football entreprise. Explication d’un phénomène nouveau.

La saison dernière, les arrivées de Sidney Govou, Jamal Alioui (LSM Lyon
Métropole), David Ducourtioux (Ocana Entreprises) et Ludovic Sylvestre (AS Orange) avaient montré que les anciens joueurs professionnels appréciaient le football entreprise. Le phénomène s’est amplifié depuis quelques semaines avec les signatures de Charles Itandje (AS Orange), Rio Mavuba et Jaroslav Plašil (Bordeaux.deals), Jean Calvé (FC Nike) et Nicolas Bonnal (Ocana Entreprises).

« Je voulais continuer de jouer au football et avec les copains, explique Jaroslav Plašil. Je pensais qu’il serait difficile d’arrêter d’un seul coup. Alors, j’ai rejoint Bordeaux Deals. On se retrouve entre copains et on partage de bons moments. » Ces arrivées sont une très bonne publicité, ce que ne manque pas de souligner l’Union Nationale du Football Entreprise (UNFE).

« Il y a 30 ans, les anciens pros venaient dans le football entreprise pour trouver un emploi à l’issue de leur carrière, explique Daniel Teste, le secrétaire général de l’UNFE. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Ils viennent pour se faire plaisir à l’image de Rio Mavuba et Jaroslav Plašil à Bordeaux. Et ils en parlent autour d’eux, ce qui est la meilleure promotion possible. »

Le District de l’Escaut aide le football entreprise

Car il ne faut pas oublier que de nombreux clubs professionnels sont issus de sections corporatives comme le FC Sochaux-Montbéliard avec les entreprises Peugeot, le FC Lorient qui a pris la suite de La Marée Sportive, l’AS Saint-Etienne avec l’Amicale des employés de la Société des magasins Casino ou encore le Havre AC avec les Britanniques travaillant sur le port.

Si le football entreprise est resté très puissant en Ligue de Paris Île-de-France, il commence à revivre sur les autres territoires. « On essaye de sensibiliser les instances, indique Daniel Teste. Depuis quelques mois, le District de l’Escaut aide les clubs de foot entreprise avec une dotation de 300 euros en matériel. Et en un an, dix clubs se sont créés. » Mais ce n’est pas encore suffisant.

Plus de 60 000 licenciés perdus en trente ans

« On voudrait un plan fédéral de trois ans pour accentuer le développement, souligne le secrétaire général de l’UNFE. Il faudrait que ça aille plus vite qu’actuellement car les clubs souffrent. On a notamment des associations qui n’ont plus les moyens de payer les arbitres en fin de saison. » Il reste donc beaucoup de travail pour que le football entreprise retrouve son lustre d’antan.

« Au début des années 80, on a compté jusqu’à 80 000 licenciés, rappelle Alain Charrance, qui a longtemps été le responsable du foot entreprise à la FFF. Aujourd’hui, on doit être à 17 ou 18 000. Les clubs qui venaient du monde industriel ont pratiquement disparu et on retrouve beaucoup de banques et d’assurances. Il faut peut-être que le football entreprise s’ouvre à d’autres pratiques que le foot à 11 comme le Futsal ou le foot à 7 ou à 8. »

La Fédération Française de Football souhaitant développer le football loisir, afin de juguler la perte de licenciés entre 20 et 40 ans, le football entreprise a une belle carte à jouer. Surtout si d’ancien s joueurs professionnels en font la promotion !

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