clubs amateurs féminine
Le club féminin de Soyaux, qui évolue en D1F, aura 333 000 euros de moins que les clubs pros. (Photo Philippe Le Brech)

Les quatorze clubs amateurs qui évoluent en D1 et D2 féminine montent au créneau contre la répartition de l’aide exceptionnelle accordée cet été.

Le 4 juin dernier, le Comité exécutif de la fédération Française de Football avait annoncé un fond de solidarité de 30 millions d’euros pour le football amateur. Dont six millions d’euros qui devaient être alloués aux clubs de D1 féminine. Mais le 26 juin, le conseil d’administration de la Ligue de Football Professionnel a adopté à l’unanimité la répartition de cette aide pour la D1F avec 508 000 euros pour les clubs professionnels et 175 000 euros pour les clubs amateurs. Et l’aide de 900 000 euros pour la D2 féminine a été répartie égalitairement entre… les clubs professionnels.

« Il faut aussi aider les clubs professionnels de D2 à franchir un pallier et que les clubs professionnels de D1 aient plus d’argent que les clubs amateurs » avait même expliqué Laurent Nicollin, président de Montpellier et de l’Association pour le Football Professionnel Féminin (AFPF). Mais les quatorze clubs amateurs de D1F et D2F ne l’entendent pas de la même oreille. Ils se sont ainsi réunis pour faire un communiqué.

« Les modalités de répartitions sont scandaleuses, discriminantes, et ne respectent pas l’égalité des chances, affirme ce communiqué. Cette rupture d’égalité dans la répartition de ce financement constitue une violation des règles de la FFF et des principes éthiques ainsi qu’une discrimination manifeste. Nous contestons formellement le mode de répartition de l’aide au financement des féminines effectuée au nom de la LFP. »

Vers une action en justice des clubs amateurs ?

Ces clubs souhaitent donc que « l’aide au financement des féminines qui provient de la LFP soit versée à la FFF, charge à cette dernière de la répartir équitablement entre tous les clubs de D1 et D2 » car ils s’estiment lésés. « Il s’agit d’une véritable fracture entre les clubs qui évoluent pourtant dans les mêmes championnats, souligne Yves Fantou, le président de l’US Saint-Malo (D2). L’engagement des clubs amateurs pour le développement du football féminin est dès lors déconsidéré.  Nous ne pouvons pas accepter ce mépris du monde professionnel. »

Président du FC Fleury 91 (D1), Pascal Bovis a rencontré Noël Le Graët mi-juillet pour évoquer le dossier. « Il était clairement contre cette décision de la LFP, il ne la trouve pas juste, explique-t-il au Parisien. Mais on n’a pas de nouvelles depuis deux mois. On n’attaque pas la FFF. Elle fait des efforts pour le foot amateur et cherche des solutions. Mais ça ne bouge pas assez. »

Une rencontre entre le président de la FFF et Vincent Labrune, nouveau président de la LFP, pourrait avoir lieu rapidement afin de rediscuter de cette répartition. Sinon, les quatorze clubs amateurs n’excluent pas d’aller en justice pour dénoncer cette rupture d’égalité.

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