L’entraîneur « bénévole » du FC Nantes débouté par les Prud’hommes

Jonathan Raoul estime qu'il devait avoir un contrat de travail de trois ans avec le FC Nantes.
Jonathan Raoul estime qu'il devait avoir un contrat de travail de trois ans avec le FC Nantes. (Photo Ligue de Football des Pays de la Loire)

C’est un soulagement pour beaucoup de clubs ! Les Prud’hommes de Nantes ont rejeté le recours Jonathan Raoult, l’ex entraîneur des féminines du FC Nantes.

Le conseil des prud’hommes de Nantes a débouté jeudi l’ancien entraîneur « bénévole » de l’équipe féminine du FC Nantes, qui demandait un peu plus de 25.000 € de dédommagements au club pour s’être livré à du « travail dissimulé » sur sa personne. Pour rappel, Jonathan Raoul avait été « recruté » en avril 2016 avec la « double casquette » de responsable de la section féminine et d’entraîneur de l’équipe fanion « pour trois ans », selon son avocate. Son client devait toucher pour cela une « rémunération » annuelle de 8.000 € sur dix mois, soit 800 € par mois, sous forme de remboursement de « frais fictifs ».

Placé sous la « subordination » du président de l’Association FC Nantes Jacky Soulard, le coach avait finalement été congédié après un an de contrat, en mai 2017, « sans explication ». Ses résultats étaient pourtant « exceptionnels » : son équipe était restée « invaincue en championnat » et il avait « battu le record du club en coupe de France ».

Pour établir l’existence d’un « travail dissimulé », Me Margaux Le Sage avait fait remarquer à l’audience, le 8 novembre dernier, que le montant des frais kilométriques remboursés à son client était le même tous les mois, « même quand il y avait la trêve hivernale, des vacances ou des matchs reportés » en déduisant que « c’était une rémunération déguisée ».

Une « Mission De Volontariat Associatif »

Mais « il n’y a pas lieu à qualifier la relation entre M. Jonathan Raoul et l’association Football Club de Nantes en relation à caractère salarial », a tranché le conseil des prud’hommes, dont les motivations complètes n’étaient pas encore connues ce jeudi. « M. Jonathan Raoul exerçait ses fonctions dans le cadre d’une mission de volontariat associatif. » L’argumentation des juges rejoint celle de Me Jean-François Klatovsky, l’avocat du FC Nantes, pour qui Jonathan Raoul faisait simplement partie de « l’agglomérat de bénévoles » que constitue l’Association FC Nantes, association qui ne fait « que rétrocéder son numéro d’affiliation » à l’entité professionnelle du FCN.

« Tous les mercredis, sur tous les terrains de foot de France, vous avez des bénévoles qui sont là de 14h à 17h, qui respectent des programmes déterminés et qui reçoivent quelques directives de leurs présidents… Pour autant, cela n’établit pas un lien de subordination juridique » avait-il insisté. « Ma consœur confond organisation et subordination. »

« Sans bénévolat, il n’y a pas d’amateurs et il n’y a donc pas de sport professionnel : tous les sportifs professionnels ont un jour été amateurs » avait également souligné Me Jean-François Klatovsky au cours de sa plaidoirie. « Aujourd’hui, M. Raoul vient demander des sommes faramineuses, comme s’il avait travaillé, sur la base d’un contrat inexistant. »

Le FCN n’en a toutefois pas fini avec les prud’hommes, plusieurs litiges étant actuellement en cours entre le club et l’ancien entraîneur de son équipe masculine Michel der Zakarian ou l’ancien préparateur physique Stéphane Wiertelak. Mais cette décision va faire souffler des centaines de clubs qui avaient peur d’une jurisprudence sur le sujet !


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