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Depuis quelques mois, la grogne monte dans de nombreux clubs amateurs qui se sentent floués par le monde professionnel sur la formation des joueurs.

Jeudi dernier, le coup de gueule de Patrick Gonzalez n’est pas passé inaperçu. Le président de l’AS Saint-Priest (Rhône) est monté au créneau contre les clubs professionnels qu’il accuse de se servir du monde amateur sans réelle contrepartie financière.

« A titre d’exemple, un enfant peut passer sept ou huit ans chez nous à se former… et partir gratuitement vers un club pro entre 13 et 17 ans, a-t-il de nouveau expliqué sur Monfoot69.fr. Par contre, ce même club pro qui garde ce même enfant de 17 à 18 ans, soit jusqu’à deux ans, est en droit de demander de toucher 90 000 euros par année de formation à un autre club professionnel qui le récupère. »

Avant 12 ans, pas d’indemnité pour le club amateur

C’est le cas de nombreux joueurs qui passent d’un centre de formation à un autre chaque saison. Car, en France, l’indemnité de formation n’est due qu’une seule fois au club amateur. Mais il y a pire. Le mécanisme de solidarité n’est pas dû aux clubs amateurs si un joueur a rejoint un club professionnel avant ses douze ans. Or un jeune joueur de cet âge a forcément été formé dans un club amateur durant plusieurs années.

« De nombreux clubs professionnels essayent de faire signer les joueurs avant cet âge afin de ne pas avoir à régler le mécanisme de solidarité si le joueur perce, glisse un recruteur de club pro, qui préfère rester anonyme. Mais certains vont plus loin en faisant déménager la famille complète pour détourner le règlement qui dit qu’un club pro ne peut pas faire signer un joueur de moins de 15 ans qui habite à plus de 50 kilomètres. »

Mais le mécanisme de formation n’est pas toujours appliqué à la lettre… voir même détourné ! « Le nouveau club versera la contribution de solidarité au(x) club(s) formateur(s) conformément aux dispositions susmentionnées au plus tard trente jours après l’enregistrement du joueur ou, en cas de paiement en plusieurs versements, trente jours après la date de ces paiements » indique le règlement de la FIFA.

Le rachat de contrat pour détourner le mécanisme de solidarité

Ce qui n’est en fait pas vrai. Par exemple, l’USSA Vertou (Loire-Atlantique) attend toujours les quelques 265 000 euros qui lui reviendraient après le transfert cet été de Mouctar Diakhaby de l’Olympique Lyonnais (Ligue 1) au Valence FC (Liga Espagnole)… soit cinq mois après la signature du joueur ! Mais des clubs contournent allègrement ce mécanisme de solidarité en proposant aux joueurs de racheter leur contrat.

« Nous avons touché une indemnité lorsque un de nos joueurs formé au club a été transféré d’un club écossais à un club roumain, explique Florent Thomas, président d’Orvault SF (Loire-Atlantique). Mais il a ensuite signé en Israël puis au Qatar et on n’a jamais rien eu car il avait résilié son contrat. » Sans mettre en cause ce joueur, c’est un système que de nombreux clubs professionnels mettent en place : payer au joueur la résiliation de son contrat pour éviter le mécanisme de solidarité.

L’exemple le plus connu est celui de Neymar Jr lors de son passage du FC Barcelone au Paris Saint-Germain à l’été 2017. Mais c’est aussi le cas pour de petits transferts – entre 200 000 et 500 000 euros – qui pourraient amener un petit bol d’air aux clubs amateurs qui ont formé ces joueurs… car ce sont plus de 300 joueurs formés en France qui évoluent cette saison dans un championnat professionnel en Europe !

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