Frédéric Thiriez
Frédéric Thiriez (ici lors de l'assemblée fédéral 2015 à Nantes) se verrait bien succéder à Noël Le Graët. (Photo Jérôme Bouhcaocurt)

Alors que Noël Le Graët réfléchit à un nouveau mandat, Frédéric Thiriez, Luis Fernandez et Michel Moulin pourraient se lancer dans la course à la FFF.

A moins d’un mois de l’assemblée fédérale du 12 décembre, le sujet de l’élection à la présidence de la Fédération Française de Football revient sur la table. Tout d’abord, Noël Le Graët a toujours indiqué qu’il donnerait sa décision de poursuivre ou non à cette date.

Ensuite, des noms sortent du bois depuis quelques semaines pour une possible candidature : Frédéric Thiriez, ancien président de la Ligue de Football Professionnel, Luis Fernandez, ex-international tricolore, et Michel Moulin, président-délégué du Blois Foot 41.

A 79 ans, Noël Le Graët s’interroge régulièrement sur un possible quatrième mandat si sa santé le laisse tranquille. Le président de la FFF souhaiterait poursuivre encore un peu sa mission (deux ans ?) avant de passer la main à une personne en qui il aurait entière confiance. Ce mardi, L’Equipe a nommé Marc Keller, le président du RC Strasbourg et membre du comité exécutif de la FFF, comme dauphin possible.

Noël le Graët devrait se présenter en mars 2021. (Photo Philippe Le Brech)

Keller, Aulas, Caillot… les successeurs ?

Mais une source proche du club alsacien nous a confié que « ce n’était pas à l’ordre du jour pour l’instant ». Car l’ex-attaquant international doit d’abord se désengager de son club avant de pouvoir s’asseoir dans le fauteuil de président de la FFF. Même s’il reste un délai de deux ou trois ans, cela paraît compliqué avec tous les chantiers actuels du RC Strasbourg comme le stade ou les installations.

Le nom de Jean-Pierre Caillot est revenu dans de nombreuses discussions ces dernières semaines mais le président du Stade de Reims est dans le même cas de figure que Marc Keller. Ce serait la même chose pour le Lyonnais Jean-Michel Aulas, souvent cité pour prendre la succession. Mais c’est peut-être l’emblématique président de l’Olympique Lyonnais qui aurait le plus de facilité à se défaire de son club… et qui pourrait être le plus légitime à prendre la suite de Noël le Graët.

Le président de la FFF souhaite donc poursuivre à la tête de l’instance fédérale mais en étant certain de pouvoir compter sur un successeur qu’il aura lui-même choisi. « Il a peur du vide s’il arrête l’année prochaine car il serait étonnant qu’il retourne à ses affaires à Guingamp » souligne un de ses proches.  C’est en effet sa fille Valérie qui gère le groupe familial d’entreprises agroalimentaires depuis février 2015 et il paraît peu probable que le Guingampais retrouve un rôle opérationnel.

Thiriez, Moulin, Fernandez… les prétendants

Réélu avec 57,4% des voix face à Jacques Rousselot (41,9%) en mars 2017, Noël Le Graët devrait néanmoins avoir plusieurs listes face à lui. Le candidat le plus plausible est aujourd’hui Frédéric Thiriez. L’ancien président de la Ligue de Football Professionnel sonde depuis plusieurs semaines aux quatre coins de l’Hexagone.

Il était présent au Roazhon Park pour le dernier match du Stade Rennais, assez proche de Jean-Claude Hillion, le président de la Ligue de Bretagne, mais il a aussi appelé de nombreux présidents de Ligue et District. « Je suis très inquiet pour le football professionnel mais surtout pour le football amateur » a-t-il souligné ce mardi sur RMC Sport avec des propositions concrètes tout en précisant que « les élections fédérales ne sont vraiment pas le sujet aujourd’hui ». Il s’affaire néanmoins en coulisses.

Frédéric Thiriez n’est pas le seul à vouloir briguer le mandat suprême. Récemment, Michel Moulin a avoué qu’il n’étaient pas indifférent. « Je réfléchis avec des amis, des personnes très importantes et influentes, a expliqué le président délégué du Blois Foot 41 dans La Nouvelle République. Je trouve que la FFF manque de reconnaissance et de bienveillance envers le monde amateur. »

Un manque de vécu dans les instances

Parmi ses soutiens, on retrouve David Douillet, champion olympique de judo (1996, 2000) et ancien ministre des Sports (de septembre 2011 à mai 2012), Max Guazzini, ancien président du Stade Français, Bernard Squarcini, ex-patron de la Direction centrale du renseignement intérieur, Jennifer Madiot (épouse de Marc, manager de Groupama-FDJ), ancienne responsable promotion et sponsoring du PMU, ou encore le publicitaire Franck Tapiro.

Enfin, il y a Luis Fernandez qui souhaite que les anciens internationaux tricolores aient un rôle à jouer. « On nous a assez mis de côté, a souligné le champion d’Europe 1984 dans une interview sur le site de l’Equipe. Il faut réorganiser la maison du football français, qui est en mauvais état, pour lui permettre de repartir sur de nouvelles bases. » Bruno Bellone, Robert Pirès, Manuel Amoros ou encore Maxime Bossis le soutiennent. Mais aucun n’a de véritable expérience à la tête d’une instance du foot français.

Alors combat des chefs ou poker menteur ? Noël Le Graët va se positionner le 12 décembre prochain lors de l’assemblée fédérale… mais un autre prétendant officialisera t-il sa candidature avant cette échéance ? Réponse dans quelques jours !

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