La médiatisation de l'accueil des réfugiés déroute un peu le président Dominique Ferrandon. (Capture d'écran France 3)
La médiatisation de l'accueil des réfugiés déroute un peu le président Dominique Ferrandon. (Capture d'écran France 3)

Alors que le sujet des réfugiés fait plutôt grincer des dents ces derniers mois, l’AS Bellenaves en a accueilli une douzaine depuis quelques semaines. Et le petit club de District de l’Allier a ainsi pu inscrire une deuxième équipe en championnat.

« Toute cette médiatisation me dépasse ! On n’a pas l’habitude et c’est un peu pesant. » Depuis une semaine, le téléphone de Dominique Ferrandon n’arrête pas de sonner. Car l’AS Bellenave est victime de son succès, ou plutôt du choix de son club d’accueillir une douzaine de réfugiés originaires venus d’Afghanistan et du Soudan. « La personne responsable du Centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) m’avait contacté en février dernier pour savoir si certains réfugiés pouvaient jouer au football, raconte le président bellenavois. Je n’avais pas pu les accueillir tout de suite car ils n’avaient pas encore de papiers en règle. C’était donc impossible de faire des demandes de licences et même compliqué pour les entraînements à cause des assurances. Puis ils m’ont recontacté fin août et on a pu le faire car ils avaient tous des cartes de séjour. »

Même si la FFF demande normalement des lettres de sortie des fédérations étrangères dans le cas de mutations internationales, les douze réfugiés ont pu obtenir leur licence assez rapidement. Sûrement grâce à leur statut assez spécifique. « Ça se passe très bien, ils sont très content de pouvoir participé à une compétition officielle, assure Dominique Ferrandon. Il existe un petit problème avec la langue mais ils prennent tous des cours de Français. » Avec l’arrivée de ces douze joueurs, l’AS Bellenaves a donc pu relancer une deuxième équipe senior… ce qui n’était plus arrivé depuis sept ans ! Une équipe qui a joué – et perdu – son premier match de D5 le week-end dernier (3-4).

« Le footbal à Bellenaves n’a jamais été en péril ! »

« Il faut bien dire qu’on a une deuxième équipe en accueillant ces réfugiés mais pas qu’ils ont sauvé le club comme je peux le lire dans certains médias, tient à préciser le dirigeant de la petite commune de l’Allier. Notre club a toujours existé depuis 1923, à part une mise en sommeil d’un an durant la deuxième Guerre Mondiale. Le footbal à Bellenaves n’a jamais été en péril ! »

Avoir une deuxième équipe senior pose néanmoins quelques petits soucis en terme de logistique pour ce club de District qui ne possède qu’un budget très limité. « Nos réfugiés ne peuvent pas conduire en France, pour ceux qui ont un permis, et nous devons donc les accompagner lors des matchs à l’extérieur, explique Dominique Ferrandon. Nous avons aussi dû acheter des équipements supplémentaires. C’est donc très compliqué financièrement pour un club comme le notre. » Etant donné le tapage médiatique opéré autour de ses nouveaux joueurs, l’AS Bellenaves n’aurait peut-être pas de mal à récolter des fonds par une opération de financement participatif… histoire de faire fructifier cette belle histoire !

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