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Depuis un mois, de nombreux faits de violence, plus ou moins graves, ont été recensés sur les terrains. Et les clubs semblent toujours aussi démunis.

Samedi dernier, la rencontre du quatrième tour de coupe de France entre l’AS Montlouis-sur-Loire et Vierzon FC s’est terminée par une bagarre et l’intervention des gendarmes. Après le coup de sifflet final, et la victoire du club local (2-0), des joueurs des deux équipes sont restés sur le terrain pour s’insulter… puis une vingtaine de spectateurs a sauté par dessus la main-courante pour venir s’en mêler. Trois joueurs du Vierzon FC ont déposé plainte.

Malheureusement, le constat est clair depuis le début de la saison : la violence est repartie crescendo ! Le 23 septembre, un match de Régional U18 des Pays de la Loire entre Saint-Nazaire AF et JSC Bellevue a été arrêté peu après l’heure de jeu à la suite d’un jet de bouteille par un supporter nazairien sur l’arbitre assistant. La semaine précédente, c’est une rencontre de U19 entre le FCO Bearn et Lescar qui avait dégénéré en bagarre générale… avant que les supporters ne s’en mêlent. Et le bus de Lescar avait en plus été endommagé.

Ce même week-end, un jeune joueur avait été violemment agressé, lors d’un match de District dans le Doubs, avec un bilan assez lourd : une quinzaine de fractures au visage. « Cela fait des années que nous sommes dans le football, jamais on a vu une telle violence » ont expliqué les parents du Frasnois de 23 ans à nos confrères de Pleinair.net. Selon plusieurs sources concordantes, tout a démarré des tribunes avec des supporters alcoolisés qui ont sans cesse insulté les joueurs visiteurs.

Mais alors quelle sont les solutions ? « On ne peut pas prendre une société de sécurité pour chaque match car on mettrait rapidement la clé sous la porte, confie un président de club qui a connu quelques déboires la saison dernière. On n’a pas de remède, si ce n’est être attentif et réactif à la moindre étincelle. » Ce qui ne suffit pas forcément. Surtout que beaucoup de stades sont entièrement ouverts, sans possibilité de filtrer les gens qui entrent autour du terrain. Et ce sont les clubs qui sont sanctionnés.

Une application pour prévenir des violences !

En Centre Val de Loire, le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) a lancé une application afin de prévenir les violences dans le sport. « L’application permet de déclarer anonymement les discriminations, les incivilités ainsi que les actes de Fair-Play constatés et observés lors d’une manifestation sportive, est-il expliqué sur le site du CROS. Toutes les déclarations sont enregistrées dans une base de données afin d’établir un diagnostic territorial. » 

Une initiative intéressante qui est pour l’instant utilisable dans trois départements (Loir-et-Cher, Cher et Eure-et-Loire) mais qui sera généralisée sur toute la région Centre Val de Loire. « En résumé, c’est une plate-forme qui permet de lutter et de prévenir les violences dans le sport, mais aussi d’accompagner les acteurs associatifs dans la lutte contre toutes les formes de violence. Son déploiement implique une organisation au sein de chaque territoire et notamment la création d’une commission Sport Sans Violence qui assurera le suivi des actions citoyennes et sportives sur son territoire. »

Communiquer et sensibiliser, c’est sûrement la meilleure solution. Mais il faut aussi que les pouvoirs publics et les instances s’impliquent plus sérieusement de ce dossier des violences dans le sport et notamment sur certaines zones à risques. Car éradiquer la violence sur les terrains de football est l’affaire de tous les acteurs. Une condition indispensable pour éviter un véritable drame !

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