Edinson Cavani et le PSG pourraient participer à une Ligue des Champions "fermée". (Photo Lisa Paquereau)

La création d’une Ligue des champions fermée est une très mauvaise nouvelle pour le football amateur qui pourrait voir sa rétribution à la baisse.

Mercredi 8 mai, l’UEFA a présenté sa future réforme de la Ligue des Champions lors d’une réunion à son siège de Nyon (Suisse). Cette réforme prévoit en effet que les cinq premiers de chacun de quatre groupes de huit équipes seraient de facto qualifiés pour l’édition suivante. Donc si le Bayern Munich, Manchester United, la Juventus Turin ou le Real Madrid finissent dixièmes de leur championnat, ils joueront tout de même la compétition reine européenne.

« Les clubs n’auront plus aucun intérêt à jouer leurs championnats nationaux où ils risquent d’aligner une équipe bis, explique Pierre Rondeau, économiste du sport. Par exemple, si le Paris Saint-Germain n’aligne jamais Neymar, MBappé ou Cavani en Ligue 1, les diffuseurs vont arrêter de payer les sommes qu’ils mettent actuellement pour les Droits TV. »

« Un cataclysme pour le modèle actuel du football »

Le futur contrat de l’opérateur espagnol Mediapro – qui en fait appartient à un groupe chinois – pour les droits TV de la Ligue 1 avoisine les 800 millions d’euros pour la période 2020-2024. Mais au-delà de cette manne historique pour le football français, le fait de perdre ses fleurons au détriment d’une autre compétition sera forcément préjudiciable.

« Même si il y a une fronde de 95% des clubs européens, les meilleurs sont tellement puissants qu’ils auront gain de cause, prévient Pierre Rondeau. Cette réforme un cataclysme complet pour le modèle actuel du football. On est en train d’exclure la méritocratie. Car aujourd’hui un club peut partir du National 3 pour aller se qualifier en Ligue des Champions quelques années plus tard. » Ce qui ne sera presque plus possible.

Au-delà du sportif, c’est l’aspect financier qui est à prendre en compte avec la redistribution d’une partie des Droits TV vers le football amateur. Si cette manne baisse de manière significative, c’est le sport amateur qui risque d’en pâtir. Et c’est un réel problème ! Car les clubs souffrent déjà au quotidien. « Il faut profiter de cette réforme pour réfléchir au football de demain » assure Pierre Rondeau. Et ça, c’est un vrai défi pour les instances !


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