Préparateur mental de la GSI Pontivy avant son match face au Paris Saint-Germain, Mathieu Carrer explique son travail et ses bienfaits sur les sportifs.

Quelles est la différence entre prendre un athlète individuellement ou un groupe comme une équipe de football ?

« Quand on travaille sur un athlète seul, le travail est beaucoup sur la gestion du stress. Sur les sports collectifs, c’est surtout sur la dynamique de groupe avec un objectif d’ensemble. Il faut travailler les rôles de chacun. »

C’est donc plus difficile ?

« Dans le cadre d’un sport collectif, on prend en charge chaque individu. C’est donc beaucoup plus long. Aujourd’hui, pour être efficace, un préparateur mental doit chercher sur du long terme au sein d’un club. Mais on nous contacte souvent au dernier moment, à l’image de la mission avec Pontivy avant le match contre le Paris Saint-Germain en coupe de France. »

Justement, comment s’est déroulé votre intervention avec la GSI Pontivy ?

« Le club m’a laissé travailler comme je le souhaitais. J’ai donc privilégier la dynamique de groupe. J’ai demandé à chaque joueur leurs attentes mutuelles par rapport à leurs coéquipiers. Ils ont tous parfaitement joué le jeu. Et la phrase qu’on a retenu est : un engagement personnel fort pour une cohésion forte. Ensuite, il faut parler du rôle des remplaçants, du rôle du capitaine. »

« Identifier les points d’amélioration ! »

Quels clubs professionnels ont un préparateur mental aujourd’hui ?

« Je crois que seul l’OGC Nice a quelqu’un à plein temps. Mais généralement, très peu de clubs font appel à des préparateurs mentaux. Pourtant, c’est un vrai poste d’entraîneur comme le préparateur physique ! »

Comment un préparateur mental peut-il travailler durablement dans un club amateur ?

« Il faut tout d’abord prendre en compte la compétition et le calendrier. On doit travailler sur la détermination avec un objectif qui est sur la cohésion et la dynamique de groupe. »

Et comment les joueurs perçoivent la préparation mentale ?

« C’est tout nouveau pour eux ! Les objectifs sont tournés vers la performance, pas vers la maîtrise. Quand un président ou un entraîneur demande de terminer dans les trois premiers du championnat, ce qui intéresse la préparateur mental est de savoir comment y parvenir. Pour donner un exemple, c’est comme sur le jeu vidéo FIFA quand on le profil des joueurs. Il faut mettre en avant les points forts et identifier les points d’amélioration. »

« Je travaille beaucoup avec la vidéo »

Ce qu’un entraîneur ne peut pas forcément faire…

« Un entraîneur est le premier préparateur mental car c’est lui qui a le plus d’influence sur le groupe. Mais il ne peut pas avoir toutes les compétences. Et puis il y a son impact sur le banc de touche qui est important, suivant son attitude. »

Quels sont les outils du préparateur mental par rapport à un groupe ?

« Personnellement, je travaille beaucoup avec la vidéo. Ça permet notamment de voir quand un joueur baisse les bras. On peut s’appuyer sur des grilles d’observation afin de déceler les possibles problèmes. Comme l’entraîneur des gardiens ou le préparateur physique, c’est une répartition des tâches au sein d’un staff. »


PARTAGER