Saïd Ennjimi et deux autres présidents de Ligue toucheront désormais une rémunération mensuelle.
Saïd Ennjimi a été réélu président de la Ligue de Nouvelle-Aquitaine. (Photo LFNA)
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Depuis quelques mois, le quotidien charentais enchaîne les articles polémiques sur le président de la Ligue de Nouvelle-Aquitaine.

« Les drôles de feintes du président de la Ligue »« Les services gratuits de la société du président de la Ligue facturés 15 000 € » … Depuis deux jours, La Charente Libre enchaîne les titres racoleurs sur Saïd Ennjimi. Le quotidien charentais met le président de la Ligue de Nouvelle-Aquitaine en cause à propos de ses frais de route ou encore sur une prestation de service d’une de ses sociétés qui gère les fiches de salaire des 50 salariés de l’instance régionale.

Dans des mails que nous nous sommes procurés, La Charente Libre demande d’ailleurs à Saïd Ennjimi de nombreux documents comptables dont notamment le relevé de ses frais pour les années 2018 et 2019 ou encore le rapport du commissaire aux comptes de la dernière assemblée générale financière. Mais le quotidien attaque tout de même régulièrement le président de la Ligue depuis près de deux ans, que ce soit sur son salaire ou encore son fonctionnement.

Le problème est donc de faire des articles à charge. Et c’est ce qui gène Saïd Ennjimi. « Ce journal ne fait que des articles polémiques, sans jamais parler de football, concède le président de la Ligue. Il ne cherche qu’à me salir. Je n’ai pas vu un article qui parlait de ce que nous faisons pour les clubs en termes de dotations, sur le prix de la licence qui est bien moindre que dans la plupart des Ligues fusionnées, sur les aides aux déplacements des clubs des championnats régionaux avec des cartes carburants. »

Un petit récapitulatif des griefs

Sur la prestation de service concernant les salaires… Une société de Saïd Ennjimi a en effet pris en charge de l’édition des bulletins de salaire de la Ligue. D’après La Charente Libre, le tarif de 30 000 euros serait « deux fois les prix pratiqués sur le marché », le quotidien n’hésitant pas de parler d’« une facture surévaluée ». Nous avons contacté quatre cabinets comptables à Nantes, Bordeaux, Lyon et Paris… et tous nous ont affirmé que « ce tarif n’était pas forcément surélevé avec les services qui sont associés à ce genre de prestation », c’est à dire la gestion des contrats de travail et de tout ce qui en découle.

Sur la gratuité de cette prestation, la Ligue n’attend donc que « la validation du Commissaire aux Comptes afin de trouver la meilleure manière de pratiquer ». Saïd Ennjimi a fait « la promesse que cela ne coûtera rien aux clubs » lors de l’assemblée générale financière du 24 novembre dernier. Il en tirera donc les conséquence dans quelques mois lors de la prochaine assemblée élective puisque la Ligue de Nouvelle-Aquitaine est une des seules en France où ce sont uniquement les clubs qui votent.

Sur le salaire et les frais du président de Saïd Ennjimi… La Charente Libre a omis de préciser que la possibilité de proposer des émoluments à un président de Ligue a été décidé par la Fédération Française de Football, mais que c’est aussi un dispositif présent dans les statuts d’une association de Loi 1901. « La FFF nous octroie une aide de 60 000 euros par an donc cela coûte moins cher à la Ligue que si elle avait deux directeurs comme c’était le cas par le passé » précise Gérard Brouste, le trésorier général de la Ligue.

Concernant les frais de route… En faisant ses déplacements avec son véhicule personnel, Saïd Ennjimi touche « 0,40 € du kilomètre au même titre que les autres salariés ou élus de la Ligue qui prennent leur véhicule » nous ont indiqué les services financiers de l’instance régionale. Ce qui correspond au barème kilométrique de la plupart des sociétés… et des autres Ligues que nous avons contactées.

La plus grande Ligue de France

La Charente Libre indique aussi que « d’autres proches du président bénéficient de notes de frais importantes ». Si on prend Saïd El Mouffakir qui a perçu 21 000 € de frais entre juillet 2017 et décembre 2018, il suffit de les détailler. A 0,40 € le kilomètre, cela représente 52 500 kilomètres en dix-huit mois, soit 2 916 kilomètres par mois et 729 kilomètres par semaine.

Ce qui n’est pas forcément excessif dans la plus grande Ligue de France (84 061 km²) où on ne compte pas moins de 477 kilomètres entre Thouars (Deux-Sèvres) et Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) ou encore 435 kilomètres entre La Rochelle (Charente-Maritime) et Ussel (Corrèze) pour prendre les extrémités. Des élus et des salariés font beaucoup plus de kilomètres dans des Ligues bien plus petites…


Dans un dossier que nous finalisons sur les effets de la Loi NOTRE et la fusion des Ligues – à sortir mercredi prochain sur Footamateur.fr – la Ligue de Nouvelle-Aquitaine est une de celles qui a eu le moins de conséquences financières sur les clubs.

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