Jérôme Corbineau a joué près de vingt ans au niveau national.
Jérôme Corbineau a joué près de vingt ans au niveau national. (Photo Jérôme Bouchacourt)

A 35 ans, le latéral gauche de l’USSA Vertou, passé par l’AJ Auxerre et les Voltigeurs Châteaubriant, a décidé de raccrocher les crampons après une carrière riche en émotions.

Quand as-tu décidé d’arrêter de jouer ?
« En fin de saison dernière, ça me trottait dans la tête car je ne jouais plus beaucoup en équipe première. Depuis l’âge de 16 ans, j’évoluais en championnat national que ce soit avec l’AJ Auxerre, les Voltigeurs Châteaubriant ou l’USSA Vertou. Mais j’ai décidé de continuer encore un an pour Yvonnick Sidaner (l’entraîneur de l’équipe réserve vertavienne, NDLR) ainsi que les trentenaires comme Dimitiri Montiège ou Jérémy Lemaitre. »

C’est juste dommage de terminer ta carrière de footballeur sur une lourde suspension (13 matches) ! 
« C’est le gros point noir ! A la commission de discipline, j’ai expliqué que je regrettais mes propos envers l’arbitre, que je m’excusais. J’ai 35 ans et je n’aurais pas dû me comporter ainsi. Ce n’était pas moi, j’ai pété un plomb. C’est dommage de finir là-dessus. Je pense que c’est aussi la frustration de toutes ces années et là, j’avais l’impression qu’on se faisait voler avec ce penalty dans les temps additionnel. »

Jérôme Corbineau (au centre) et les Voltigeurs Châteaubriant avaient éliminé le Stade Lavallois en coupe de France en 2004.
Jérôme Corbineau (au centre) et les Voltigeurs Châteaubriant avaient éliminé le Stade Lavallois en coupe de France en 2004. (Photo DR)

« On verra si le foot me manque ! »

Comptes-tu rester dans le monde du football ?
« J’ai tellement donné que je ne sais pas encore. Je veux voir autre chose. Je fais plus de vélo et j’aimerais essayer d’autres sports. Et puis avoir ses week-ends de libre, c’est vraiment agréable. Je peux profiter de ma femme et de ma fille. J’ai aussi regoûté aux repas de famille du dimanche midi, je peux participer aux fêtes que je loupais auparavant. Donc on verra si le foot me manque. Il n’y a que comme ça que je reviendrais. »

Que retiendras-tu de toutes ces années ?
« Les rencontres ! Je vais retenir tous ces coéquipiers qui sont devenus mes amis. Ces vingt ans à jouer au niveau national ne m’ont amené que des bonnes choses, que de belles émotions. J’ai notamment rencontre mon meilleur ami, Bakary Sagna, au centre de formation à Auxerre. »

Quelles sont les moments que tu retiendras en particulier ?
« C’est difficile de répondre ! J’ai vécu une demi-finale de Gambardella, même si je n’avais pas joué en finale lors de la victoire de l’AJA. Il y a l’élimination du Stade Lavallois avec les Voltigeurs ou encore le voyage en Martinique avec Vertou. Ce sont des moments exceptionnels. »

« Aujourd’hui, les jeunes sont moins respectueux. »

Et un gros regret ?
« C’est d’avoir mentalement baissé les bras lors de ma dernière saison au centre de formation d’Auxerre. Je sortais d’une pubalgie et j’ai rompu mon contrat pour revenir sur la région nantaise. Avec le recul, j’aurais dû me battre et faire cette dernière année pour voir si je pouvais aller chez les pros. »

Que penses-tu du football aujourd’hui ?
« Les nouvelles générations ne sont plus comme nous il y a vingt ans. Je vais donné un exemple. Quand j’étais au centre où même à Châteaubriant et Vertou, les plus jeunes allaient au centre quand on faisait un toro. Et ils ramassaient les ballons à la fin de l’entraînement. Ça faisait parti des rituels. Aujourd’hui, je trouve que les jeunes sont moins respectueux. Ils ont un esprit beaucoup plus individuel, ils se préoccupent moins du collectif. »

 

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