Guillaume Ortis veut croire dans le développement du tennis ballon en France.
Guillaume Ortis veut croire dans le développement du tennis ballon en France. (Photo Groupe France Tennis Ballon)

Depuis 1998, son investissement est sans faille. Passionné et convaincu que le Tennis Ballon peut s’installer dans le paysage footballistique français, Guillaume Ortis donne son maximum pour développer une discipline en mal de reconnaissance. Entretien avec le sélectionneur tricolore…

Guillaume, vous êtes le sélectionneur de l’équipe de France de Tennis Ballon (nom international : Futnet). Présentez-nous cette discipline…
« Le Tennis Ballon est apparu en France dans les années 1950. Albert Batteux, qui était l’entraîneur de l’équipe de France et du Stade de Reims, avait mis ce sport en place pour améliorer la technique de ses joueurs. Auparavant, c’est dans les pays de l’Est, et notamment en République Tchèque, qu’a été inventé le Tennis Ballon en 1922. Par la suite, c’est surtout dans les clubs de football que s’est développé la discipline, toujours dans cette optique d’améliorer la technique des joueurs. Ce n’est qu’à partir de 1996 qu’une ligue nationale a été créée, qui est devenue aujourd’hui la FFDAF. »

Vous êtes très investi dans la discipline depuis de nombreuses années. Vous avez été à l’origine de la naissance de cette ligue ?
« Non, je suis arrivé un tout petit peu plus tard, en 1998 avec le club de Sète. C’est cette année-là qu’a été créé le premier championnat de France. Nous avons d’ailleurs eu l’honneur de décrocher le premier titre national avec Sète. »

« C’est un sport qui plaît à pas mal de gens ! »

Que faut-il pour être un bon joueur de Tennis Ballon ?
« Beaucoup de facteurs sont importants. Il faut avoir de la technique, de la souplesse mais également une bonne vision du jeu. Le Tennis Ballon ressemble au football mais il a surtout beaucoup de points communs avec le volley-ball, notamment en termes de placement. Il y a également pas mal de similitudes avec le tennis puisque c’est un sport où nous sommes toujours face au filet. Les joueurs de football s’en sortent très bien, mais les tennismen ou les volleyeurs qui sont plutôt à l’aise avec leurs pieds peuvent également être très bons. On peut même ajouter les gymnastes ou encore ceux qui pratiquent des sports de combat. Pour résumer, c’est un sport qui plaît à pas mal de gens et qui peut être pratiqué par énormément de monde. C’est une discipline très ludique ; mis à part au haut niveau, tout le monde peut jouer. »

Aujourd’hui, vingt ans après son arrivée en France, quelle est la situation du Tennis Ballon ?
« Avant tout, il faut souligner que pour un sport qui essaye d’éclore, avoir un championnat qui dure vingt ans, c’est très positif. En terme de licenciés, nous n’en avons que 500, on espère évidemment que ce nombre augmentera rapidement. Mais ce qui est important pour nous en ce moment, c’est notre rapprochement avec la FFF puisque nous devons signer un partenariat en 2018. Nous avons déjà la mise à disposition de Clairefontaine mais ce n’était pas écrit. Faire un stage à Clairefontaine, ce n’est pas donné à tout le monde, c’est un privilège. Maintenant, il faut mettre en place les différentes particularités du partenariat. Ce sera un peu comme un PACS. On ne va pas se marier mais on va vivre ensemble, on en a besoin pour continuer à avancer. »

Un peu à l’image du futsal dont le développement s’est accéléré ces dernières années ?
« Le futsal a quand même une autre ampleur, mais je ne désespère pas que nous arrivions à sa hauteur dans dix ou quinze ans. Le football féminin, il y a vingt ans en arrière, était encore très méconnu. Aujourd’hui, il est diffusé à la télévision et beaucoup de gens s’y intéressent, donc il faut y croire. Je suis peut-être un peu rêveur, mais je rêvais déjà il y a vingt ans et certains rêves se sont réalisés, alors pourquoi pas ! »

« Il faudrait que nous arrivions à attirer les jeunes ! »

D’autant que c’est une discipline pratiquée dans le monde entier…
« Tout à fait. En Corée du Sud, quatre millions de personnes jouent au Jokgu, un sport qui ressemble énormément au Tennis Ballon. En fait, on y joue dans le monde entier mais avec quelques variantes dans les règles. Le but de la fédération internationale, c’est justement de mettre en place des règles communes pour se retrouver autour d’une seule et même discipline quand on joue les uns contre les autres. Ce que j’aimerais, c’est que toutes ces variantes se réunissent un jour pour que l’on soit plus visibles, plus nombreux. C’est un travail de fourmi car chaque pays tire la couverture sur soi, mais il faudrait arriver un jour à ce résultat. »

Et les clubs professionnels, peuvent-ils un jour investir dans le Tennis Ballon ?
« Moi, je suis rêveur et je pense que oui. Ajaccio a déjà créé sa section par exemple. Après, tout dépend du positionnement des clubs. Il faudrait que nous arrivions à attirer les jeunes, ce qui se passe par exemple en République Tchèque où le Tennis Ballon est un sport à part entière. Mais pour cela, il faut des structures et des clubs. Si demain les clubs de football professionnel décident de créer des sections, on pourrait enfin former les jeunes et amener un nouveau souffle à la discipline. »

Le 2 juin prochain, vous organiserez à Sète le Futnet Stars qui réunira trois des meilleures équipes du monde. Parlez-nous de cet événement…
« C’est quasiment un an de travail puisque nous allons réunir la République Tchèque, championne du monde, la Corée du Sud qui a un jeu très spectactulaire, ainsi que la France. C’est un plateau que beaucoup de personnes dans le monde envient. L’organisation a été très longue, que ce soit au niveau des infrastructures ou encore de l’hébergement des équipes. Mais j’ai la chance de pouvoir compter sur des partenaires très investis et qui nous ont beaucoup aidés. Tout est réuni pour que ce soit un très bel événement, d’autant que nous allons jouer à la Halle du Barrou qui est la plus grande salle de Sète. On espère également surfer sur la Coupe du Monde et tout l’esprit qui règnera autour. En tout cas, des passionnés de toute la France seront là, ce devrait être une très belle fête. »

PARTAGER