Ricardinho pourrait arriver en D1 Futsal la saison prochaine. (Photo Helen Boto - Inter Movistar)

L’Équipe de France a encore échoué à se qualifier à sa toute première Coupe du monde de Futsal. Un résultat qui reflète le manque de développement de cette discipline au niveau national.

Après une défaite contre l’Espagne (3-1) suivie d’une autre face à la Serbie (4-2), le match nul contre l’Ukraine (2-2) n’aura pas suffi pour permettre à l’Équipe de France de futsal de se qualifier à la première Coupe du monde de son histoire. Au terme du tour Elite, la France a donc terminé à une 3ème place éliminatoire de son Groupe B, ne lui donnant même pas accès aux barrages (réservés aux équipes en 2ème position de leurs poules). Un résultat différent aurait relevé de l’exploit. En effet, la France était le seul pays amateur à participer à ce tour Élite. Aucun club du championnat de France ne dispose du statut de professionnel, contrairement à des pays étonnamment plus avancés avec des ligues plus compétitives comme la Finlande, la Russie ou même le Kazakhstan.

Alors que l’Équipe de France de football, numéro 2 au classement FIFA, est considérée le 22 février 2020 comme favorite pour remporter le prochain Euro 2020 selon les sites permettant de parier sur le football, comme Betway, à l’inverse, les futsaleurs français ne sont que la 20ème nation mondiale. En négligeant son développement au fil des années, le futsal français a accumulé un retard impressionnant par rapport à ses voisins européens. A titre d’exemple, l’Espagne est double championne du monde et a soulevé à sept reprises la coupe d’Europe. De leur côté, les Bleus n’ont réussi à se qualifier pour la première grande compétition de futsal de leur histoire qu’en février 2018, lorsqu’ils ont décroché leur billet pour l’Euro organisé en Slovénie. L’équipe dirigée par Pierre Jacky (sélectionneur depuis 2004), essaye aujourd’hui tant bien que mal de combler lentement le fossé qui s’est créé.

Encore plus de travail du côté des féminines

Le constat est d’autant plus alarmant chez les femmes. Actuellement, il n’existe aucune équipe de France féminine de futsal. Ainsi, le pays n’était pas représenté durant le tout premier Euro de futsal féminin organisé en février 2019 au Portugal lors duquel les Espagnoles se sont imposées en finale contre la nation hôte.

Au lendemain d’une Coupe du monde de football en France qui a vu les Bleues de Corinne Diacre susciter l’engouement populaire partout dans le pays, les joueuses de futsal françaises, elles, ne disposent même pas d’un championnat national à proprement parler. Les clubs se rencontrent durant l’année lors de critériums régionaux. A titre d’exemple, en Ile-de-France, les équipes franciliennes sont réparties en trois poules. Au terme d’une première phase, les clubs du top 4 de chaque poule se retrouvent lors d’une seconde phase. Au alentours du mois de juin, la saison prend fin et le club qui termine à la première place ne reçoit même pas de trophée, de coupe ou de médaille. Le titre de champion est purement symbolique.


Mais ce format est sur le point d’être abandonné. Dans les années à venir, un véritable championnat national devrait se mettre en place regroupant les meilleures sections féminines du pays. L’objectif serait, en parallèle, de pouvoir constituer une sélection nationale de futsal compétitive pour représenter la France.

Un bel avenir en perspective

Dans une interview accordée à Libération début février, Pierre Jacky a affirmé que le développement du futsal était l’un des axes majeurs du mandat de Noël Le Graët, actuel président de la Fédération Française de Football. Un pôle espoir et un pôle France ont été mis en place à Lyon l’année dernière afin de former des lycéens qui constitueront la base de la future Équipe de France U19, et plus tard, prendront la relève de l’équipe A.

Au niveau du championnat de France (D1), comme cela est le cas en football féminin, les grands clubs professionnels français commencent à se positionner en créant leur propres sections futsal. Le meilleur exemple est celui de l’Olympique Lyonnais, qui a déjà réussi à former une équipe féminine qui est devenue la meilleure d’Europe (peut-être même le meilleur club féminin du monde). Aujourd’hui, le président Jean-Michel Aulas a placé ses pions sur le futsal.

De plus, l’arrivée de Ricardinho à l’ACCS Paris 92 (Asnières) est la preuve que les choses sont sur le point de changer. Élu à six reprises meilleur joueur du monde, le Portugais est une superstar de la discipline. L’arrivée en France de celui qu’on appelle « O Magico » (le Magicien) dès le début de la saison prochaine promet de donner plus de visibilité à la discipline et attirer beaucoup plus de foules dans les gradins des gymnases du championnat. Un accord a même été établi entre les fédérations françaises et portugaises pour diffuser ces matchs dans son pays.

Si l’Équipe de France de futsal n’a pas réussi à décrocher une première qualification historique en Coupe du monde, le développement de cette discipline semble avancer dans le bon sens et devrait avoir un avenir radieux dans un futur proche.

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