En Franche-Comté, le foot loisir a trouvé son rythme de croisière

Pierre-Étienne Demillier (deuxième en bas à partir de la droite) est responsable du développement de l’animation des pratiques. (Photo Jean-Charles Chevassus)
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Conseiller technique régional, Pierre-Étienne Demillier explique le développement du foot loisir dans la Bourgogne Franche-Comté.

En septembre 2018, nous avions mis en évidence que le foot loisir était le grand oublié des instances. Or depuis quelques mois, la Fédération Française de Football a pris le sujet à bras le corps afin de proposer cette pratique. La ligue de Bourgogne Franche-Comté et le district du Doubs Territoire de Belfort sont d’ailleurs des précurseurs en matière de critérium loisirs.

Une tendance actuelle avec de nombreux joueurs (anciens ou nouveaux) qui veulent pratiquer le football sans les contraintes (entraînements, déplacements, match le dimanche). Pierre-Étienne Demillier conseiller technique régional, responsable du développement de l’animation des pratiques, répond à nos questions..


Pourquoi avoir développé ce format ici en Bourgogne Franche-Comté ?

« Au départ, c’était anticiper la demande des licenciés et apporter une réponse à la baisse des licenciés chez les seniors masculins et les 15-19 ans masculins également. Cette baisse est continuelle depuis plusieurs années mais pas irréversible ! Il faut juste y croire et se donner les moyens d’inverser la tendance. Pour plusieurs raisons, certains pratiquants ne souhaitent plus pratiquer selon le format actuel : match à 11 contre 11 le dimanche après-midi. Les centres de gestion (districts) doivent avoir la capacité de proposer un autre format de pratique. »

Quels sont les avantages du foot loisirs ?

« Le climat de pratique est souvent agréable et sympathique, c’est un point important pour les pratiquants. Il n’y a pas montée ou descente, pas de titre de champion décerné et souvent pas de classement donc ça apaise le climat. Ce critérium se joue en semaine, à 8 contre 8 sur un demi-terrain, cela laisse libre le week-end pour faire autre chose, passer du temps en famille. Cette pratique est également intergénérationnelle et mixte. »

Ou se pratique-t-il dans la région ?

« La pratique est essentiellement concentrée sur le Nord du district Doubs Territoire de Belfort, sur le secteur Belfort-Montbéliard. Jean-Claude Buessard, responsable du développement de cette pratique au district ne ménage pas sa peine pour tenter de le développer ailleurs : nous faisons des réunions sur le secteur de Besançon et dans le Haut-Doubs et nous avons bon espoir de lancer un critérium dans chacun de ces secteurs.  Ce qui est nouveau fait un peu peur, il faut donc convaincre les présidents, les responsables techniques, les coachs. Il faut aussi trouver un responsable de l’équipe, cependant des pratiquants on en trouve. La section loisir est une nouvelle équipe dans le club ! »

À l’heure où la reprise des entraînements et des compétitions officielles est (très) loin d’être connue dans le football amateur à cause de la crise sanitaire du COVID-19, le football loisirs a une carte à jouer ?

« En effet, les pratiquants n’ont souvent eu en face d’eux qu’une offre de pratique, généralement 11 contre 11 le dimanche après-midi. Alors une diversification de l’offre s’avère obligatoire ; la baisse des licences en atteste. Mais outre cet aspect chiffré, les décideurs dans les instances ou dans les clubs doivent se rendre compte que le football évolue et la société également, que nous devons nous adapter à cela et à la demande des pratiquants.  Changeons nos habitudes, ouvrons-nous, expérimentons, osons ! La période actuelle accélèrera sûrement cette réflexion. »

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