Florian-Pinteaux
Florian Pinteaux arrête le football pour devenir pompier. (Photo Philippe Le Brech)
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Florian Pinteaux vient de raccrocher les crampons dans sa région natale, à Beauvais. L’arrière gauche de 30 ans, formé à Monaco, a en effet décidé de se consacrer à une autre carrière, celle de pompier, activité omniprésente dans sa vie depuis son plus jeune âge. Pour Foot Amateur, il a accepté de revenir sur ce choix et sa carrière.

Né dans l’Oise, c’est presque par hasard que Florian Pinteaux se retrouve dans le monde du football. « Je n’étais pas destiné à être footballeur. Petit, je jouais au football car le club était proche de chez mes grands-parents. C’était plus simple pour y aller. ».

Le jeune joueur gravit alors les échelons avant d’être repéré par l’AS Monaco. Il se retrouve alors face à un choix. « J’en ai discuté avec mes parents, intégrer un centre de formation c’est quelque chose de très rare, alors j’ai tenté l’aventure. Soit je faisais ça ou j’intégrais les sections jeunes des sapeurs-pompiers. » Déjà, les deux univers se croisent, se superposent.

Florian Pinteaux : « Beauvais, c’était ma dernière expérience »

Il reste finalement à Monaco jusqu’en 2012, avant d’être prêté deux années consécutives, d’abord à Sedan, puis au Havre. C’est sur ce point qu’il confie qu’il aurait pu mieux faire dans ses choix. « J’ai décidé d’être prêté. Même si je fais une superbe saison avec Sedan, j’aurais pu rester un peu plus à Monaco pour essayer de trouver une place. » Un petit accroc qui ne l’empêche pas de voir sa carrière sous un œil positif. « Je suis assez satisfait. J’ai été dans l’un des meilleurs centres de formation. J’ai signé un contrat pro à 18 ans. J’ai une centaine de matchs en Ligue 2, en D1 neerlandaise, en équipe de France U19… »

Longuement blessé lorsqu’il évolue à Chambly, le latéral hésite déjà à raccrocher les crampons. Touché au genou droit, la suite de sa carrière est compromise. Pourtant il décide de continuer et signe à Beauvais en 2020 revenant dans sa région natale. « J’ai eu des discours qui m’ont poussé à continuer, des discours avec ma famille. A Beauvais j’ai discuté avec le président. »

Pendant ces deux saisons, il vivra une expérience marquante. A Waziers, il assiste comme tous ses partenaires à la grave blessure d’Eduardo Rodrigo. Touché aux cervicales pendant le match, le joueur est héliporté jusqu’à l’hôpital. Ce qui marquera Florian Pinteaux et ses coéquipiers. « C’est traumatisant. Waziers, c’est un stade que l’on n’oubliera pas. Maintenant, dans ce malheur, ça nous a renforcé. Je suis sûr que ce groupe est ressorti plus fort de cet évènement. »

Florian Pinteaux

Florian Pinteaux est devenu professionnel à 18 ans. (Photo Philippe Le Brech)

Devenir pompier, la voie du père

Après deux saisons passées à l’ASBO il décide de mettre un terme à sa carrière, il s’en explique. « Beauvais, c’était ma dernière expérience, je suis revenu dans mon département. J’ai assez voyagé. » Le choix de quitter le monde du football cette année, n’était pas prévu en revanche. « Je partais dans l’idée de faire une belle saison pour le club. Il y a eu des évènements, mon niveau de jeu n’était plus celui que j’avais et le concours s’est présenté cette année, les feux étaient au vert. »

Conforté dans son choix, le trentenaire réussit son concours et décide de sauter le pas pour devenir pompier. Il suit ainsi la voie de son père qui l’a été et d’un de ses amis qui exerce cette fonction. C’est un monde qui convient parfaitement au désormais retraité des terrains. « Je serai toujours dans une vie de groupe. C’est un métier où l’on doit s’entraider, aider les gens, donner, ça me convient parfaitement. » Les habits vont changer mais le sens du collectif demeure.

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