Charlotte Lorgeré espère retrouver la D1 féminine avec le FC Nantes ! (Photo Philippe LE BRECH)

A 25 ans, Charlotte Lorgeré a déjà bien roulé sa bosse au sein de l’élite du football féminin… qu’elle espère retrouver avec le FC Nantes. Rencontre…

Son parcours

Charlotte Lorgeré a débuté en D1 avec le Stade Briochin en 2009 alors qu’elle n’avait que 15 ans. Puis elle est partie une année à Toulouse, toujours en D1. « À l’époque, il n’y avait pas autant d’intensité ni de compétitivité, explique la défenseuse de 25 ans. Je n’avais pas vraiment d’appréhension à jouer si jeune. »

Ensuite, elle s’est dirigée vers l’AS Saint-Etienne, entre 2011 et 2015, avant de revenir chez elle, dans les Côtes d’Armor, à Guingamp pendant les quatre saisons suivantes. L’an dernier, elle évoluait au FC Metz. Cet été, elle a signé au FC Nantes avec de grosses ambitions.

Ses contrats

« En 2015, après une opportunité, j’ai signé à Guingamp. Au début, je suis arrivée, j’étais la nouvelle dans ce groupe et surtout timide puis en prenant de l’expérience, j’ai pris de l’ampleur. Les supporters étaient contents d’avoir une fille de chez eux, de Pabu. À la fin de mon aventure avec les Rouges et Noires, on m’a proposé deux ans de contrat pour la suite de ma carrière mais j’avais besoin de voir autre chose. Le FC Metz m’a contactée en me proposant une année et un an renouvelable si maintien, ce qui me convenait. »

Malheureusement, cette aventure fut brève car Charlotte Lorgeré est arrivée blessée à la suite d’une rupture des ligaments croisés du genou droit. « On a été impatient, j’ai perdu deux à trois mois à cause de plusieurs rechutes puis à la fin de la saison le club est descendu en D2 donc je me suis retrouvée libre de tout contrat. »

La signature au FC Nantes

Déjà en contact les années précédentes, cette fois-ci, la footballeuse répond favorablement au FC Nantes pour poursuivre sa carrière. « Avant tout, on a fait des tests concrets pour repartir sur de bonnes bases. Avant de retrouver le groupe, je me suis préparé avec le préparateur physique. J’ai l’ambition de revenir à mon niveau tout en cherchant la montée en D1 et si tout se passe bien, pourquoi ne pas finir ici. »

L’équipe de France

L’équipe de France et Charlotte Lorgeré, c’est toute une histoire. Souvent appelée en sélection dans les catégories jeunes, la jeune footballeuse va connaître par la suite de nombreuses convocations avec l’équipe B des Bleues. En 2017, elle a même connu sa première et seule apparition en A contre le Ghana. « C’était toujours dans un coin de ma tête mais inaccessible. Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai tout de suite appelé mon père. J’étais très heureuse. Si on joue au football, c’est pour connaître ses émotions, c’est un aboutissement. »

Depuis, elle n’a pas retrouvé les Bleues mais elle ne les oublie pas. « C’est toujours un rêve d’y retourner mais pour le moment, j’ai d’autres priorités. Il faut que je retrouve mon niveau et que j’enchaîne les matchs. Aujourd’hui, je vois qu’il n’y a pas que le foot dans la vie, j’ai grandi et je suis devenue une femme. Je veux m’épanouir et c’est pour cela que j’ai signé au FC Nantes. »

Les retrouvailles avec Sarah M’Barek

Les féminines du FC Nantes vont reprendre la compétition en se déplaçant au RC Lens lors de la première journée de championnat de D2, le 6 septembre prochain. C’est un beau clin d’œil car Charlotte Lorgeré va se retrouver face à son ancienne coach, Sarah M’Barek. « Je suis très contente de la revoir en poste car il y a très peu d’entraîneurs féminins en France. Quand j’étais sous ses ordres, elle était à l’écoute et elle m’a toujours accompagné. Je voyais l’importance que j’avais dans l’équipe et elle m’a fait passer un cap. La grève qu’il y a eu au club, nous a rapprochés, on était comme une famille. Maintenant, même si je suis ravie de la revoir, on ne va pas lui faire de cadeaux. J’espère qu’elle va performer avec son club et qu’elle va donner encore plus au football féminin. »

Le football féminin

Bien que le football féminin continue de progresser depuis quelques années, la joueuse en Jaune et Vert aimerait voir des améliorations pour voir plus de spectateurs. « Certains stades ne sont pas toujours accueillants, il n’y a pas de boutique et la nourriture n’est pas toujours appréciable, regrette-t-elle. Le football féminin manque de communication, c’est vraiment dommage même si c’est un peu mieux depuis quelque temps. Aujourd’hui, on passe à la télévision mais lors des rencontres, il n’y a pas de ralenti etc… Pour nous, joueuses, c’est toujours plaisant d’avoir des supporters. »

D’un autre côté, la joueuse voit bien que sur le terrain, le niveau augmente. « Le championnat évolue dans le bon sens que ce soit dans la technique, la tactique et athlétiquement. Les clubs ont plus de moyens. On voit bien que les filles progressent mais c’est aussi le cas à l’étranger. On commence à se faire rattraper. En trois ans, on a vu une explosion de la professionnalisation des clubs, c’est une bonne chose. »

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