Photo Jérôme Bouchacourt @ Sports Média

Selon le site de L’Equipe, le conseil des Prud’hommes de Paris a condamné la FFF dans le cadre d’une procédure de harcèlement sexuel.

C’est un dossier qui avait été classé sans suite par le Parquet de Paris le 16 juillet 2019 pour des « faits insuffisamment caractérisés ». Mais il refait surface grâce au conseil des Prud’hommes, comme le rapporte L’Equipe ce vendredi. Une salariée de la Fédération Française de Football aurait bien « subi des faits de harcèlement sexuel par Monsieur Marc Varin » au sein de l’instance fédérale qui aurait aussi manqué à ses obligations « de prévention et de cessation des faits ».

En 2018, le directeur financier de la FFF – qui est toujours en poste – aurait eu un comportement inadapté envers une ex-salariée en CDD de son service. Comme le rappelle le quotidien sportif, Florence Hardouin, la directrice générale de la FFF, avait adressé « un rappel à l’ordre » à Marc Varin en guise de sanction. Une formation « anti-harcèlement » avait aussi été mise en place au 87 boulevard de Grenelle.

Un rapport à charge de l’inspection du travail contre la FFF

Toujours selon L’Equipe, l’inspection du travail avait pointé dans un rapport datant de novembre 2018 des baisers forcés. « Le comportement dépasse largement les conventions régissant les relations entre responsable et subordonnés en usant d’allusions, de propos et de gestes à connotation sexuelle de manière répétée » était-il indiqué. Mais la conclusion était cinglante : « Nous précisons à la direction de la FFF qu’au moins une des deux tentatives de baiser forcé dénoncées est aussi corroborée par deux témoins et pourrait être, à elle seule, qualifiée d’agression sexuelle ».

Selon nos informations, un des témoins cité dans cette procédure des Prud’hommes est un salarié de la Fédération Française de Football qui est sur la liste du plan social mis en place par la directrice générale Florence Hardouin. Autant dire que cette affaire est très complexe pour l’instance fédérale.

« Cette décision vient clôturer une procédure douloureuse »

« La juridiction prud’homale a été plus rigoureuse que la juridiction pénale, qui avait aussi étonnamment que hâtivement classé sans suite la plainte de la salariée, contrairement aux conclusions des enquêteurs, a souligné Marie-Alix Canu-Bernard, l’avocate de la plaignante, à L’Equipe. Le conseil des Prud’hommes a nécessairement pris en considération la gravité des faits, l’attitude irresponsable, voire agressive de la FFF à l’égard de sa salariée depuis la révélation de ceux-ci. De plus, depuis la dénonciation de ces faits en 2018, de nombreuses révélations sont intervenues sur le climat régnant au sein de la FFF. Ainsi, cette décision vient clôturer une procédure douloureuse à laquelle on n’ose imaginer que cette dernière donne une suite. »

Toujours selon nos informations, l’ambiance au sein de la Fédération Française de Football reste très compliquée avec les licenciements dus au plan de sauvegarde de l’emploi … dont, selon un salarié de la FFF, « a été très ciblé sur des personnes qui ne plaisaient pas à la directrice générale ». Le gros problème, c’est que la majorité des élus de la FFF ne sont pas au courant de ces dossiers. Et ça commence à faire grincer des dents. Pourtant, l’instance fédérale a décidé de faire appel de ce jugement !

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