Fabien Pujo GOAL FC 1
Fabien Pujo était satisfait du match nul à Bergerac ce week-end. (Photo GOAL FC)

Arrivé cet été sur le banc du GOAL FC, Fabien Pujo s’est parfaitement adapté à sa nouvelle équipe. Après 11 journées de championnat, les Rhodaniens pointent à la première place du classement. Entretien.

Lors de la dernière journée de championnat, votre équipe a concédé le point du match nul (2-2) contre l’un des gros de votre poule : Bergerac Périgord FC. Quel bilan faites-vous de cette rencontre ?

« Ce match est arrivé après une défaite à Chamalières. Le but était tout simplement de réagir. Face à ce qui se fait de mieux dans notre poule, j’estime qu’on a eu une forme de réaction. L’an dernier, juste derrière Le Puy Foot 43, Bergerac était la meilleure équipe. La montée en National leur a échappé à la 98e minute et ils sont allés jusqu’en quart de finale de la Coupe de France. Leur milieu de terrain (Damien Fachan, Victor Elissalt et Hicham M’Laab) a trois ans de vie commune. L’équipe a bien réagi face à un gros adversaire. »

C’était l’heure des retrouvailles puisque vous avez connu pendant de nombreuses années le banc de Bergerac…

« Effectivement, c’était beaucoup d’émotion. Après cinq années passées à Bergerac, c’était la première fois que je retournais ici dans la peau d’un entraîneur adverse. J’ai retrouvé mon président, Christophe Fauvel, et Paul Fauvel que j’ai eu comme troisième gardien à l’époque où l’on évoluait en CFA. J’ai recroisé des dirigeants, des bénévoles et des anciens joueurs (Mamadou Kamissoko et Sam Ducros). C’était un grand moment d’affection. C’était assez particulier de revenir ici. Finalement, avec ce résultat personne n’est réellement déçu. »

Fabien Pujo : « Avec les joueurs on s’est donné rendez-vous au mois de mars »

Après 11 journées de championnat, vous occupez la première place du classement avec une seule défaite au compteur et le même nombre de points que Saumur. Une entame prometteuse ?

« Honnêtement, ce n’était pas prévu comme cela. Certes, on a envie de revivre au mois de mars-avril un sprint final. Mais avec cette grosse restructuration d’effectif, avec l’arrivée de 17 nouveaux joueurs on ne pensait pas être dans les premiers. On relativise beaucoup. Dans notre projet, cela nous permet de travailler avec beaucoup de plaisir et de confiance. Avec les joueurs, on s’est donné rendez-vous au mois de mars. Avec nos concurrents, Saumur, Bergerac, Vendée les Herbiers, Andrézieux, Angoulême et Bourges ce sera une grande bataille jusqu’au bout. »

Alors que le club a évolué au sein de la poule C de National 2 pendant de longues années, vous êtes actuellement dans la poule D. Quelles en sont les différences ?

« J’ai bien connu la poule sud avec Toulon et dans ce groupe il y a des clubs avec de gros budgets donc il y a de grosses individualités. Mais du coup, il y a moins de réflexions sur le collectif. Tandis que dans la poule centre, que ce soit d’un point de vue défensif ou offensif je trouve que c’est supérieur. »

Pour Fabien Pujo « chaque groupe a ses propres caractéristiques »

Estimez-vous que la poule C’est le groupe le plus relevé de ce championnat ?

« Non, je ne trouve pas. J’ai également fait l’ouest avec Saint-Malo et je pars du principe qu’en N2 il y a qu’une montée et que chaque groupe a ses propres caractéristiques. Dans le groupe sud, c’est un contexte particulier. En matière de mentalité, c’est plus latin, on est dans l’émotionnel et il y a plus de candidats qui revendiquent jouer la montée. Toutes les poules sont difficiles. Je pense que si tu mets Bergerac dans n’importe quelle poule ils joueront le haut du classement. Pour discuter avec des acteurs de cette poule, je ne suis pas convaincu que ce soit le groupe le plus dur. De toute évidence, cette année sera encore plus compliquée avec la réforme des championnats. »

Justement, avec la réforme des championnats, j’imagine que l’objectif est de monter en National ?

« J’en ai discuté à la fin du match avec Christophe et Paul Fauvel en prenant notamment le cas de Bergerac. La Ligue 3 va voir le jour lors de la saison 2024/25. Donc pour l’instant, si tu montes en National tu ne doubles pas ton budget. Pour des clubs intermédiaires avec un budget de moins de deux millions d’euros, une accession en N1 représente entre 200 000 et 300 000 euros. Alors qu’avec la création de la Ligue 3, les équipes vont doubler leur budget grâce aux droits TV. Je ne peux pas dire que ce soit le moment opportun surtout que l’année prochaine il y aura encore six descentes entre la N1 et la N2. Mais il n’y a pas de bonne année pour monter. Quand elle se présente, il faut la saisir, bien la préparer et anticiper le lendemain. »

Fabien Pujo : « Florian Raspentino et Alexis Gonçalves ? Deux profils totalement différents »

Florian Raspentino et Alexis Gonçalves arrivés cet été, ont inscrit à eux deux la moitié des buts marqués par votre équipe. Comment expliquez-vous cette adaptation express ?

« Ce sont deux profils totalement différents. J’ai collaboré avec Alexis Gonçalves à Toulon. Avec Morgan Guilavogui qui est parti au Paris FC, ce sont les deux jeunes joueurs qui s’étaient révélés. Par la suite, il a rejoint Châteauroux mais son aventure dans le monde professionnel n’a pas été une totale réussite sur la durée. Chez nous, avec sa faculté de verticalité, il fait de vraies différences. »

Alors que les premiers contacts avec Florian Raspentino ont été créés par le biais d’Enzo Réale…

« Effectivement, et puis l’année dernière il avait marqué sept buts en National avec le FC Borgo. Il a un vrai vécu et c’est quelqu’un d’adroit devant le but et on était à la quête d’un finisseur. Humainement, c’est un super mec. Il apporte son expérience, sa joie de vivre, il est très chambreur et c’est un passionné de football malgré ses 33 ans. Il marque un but toutes les 80 minutes. On est content de sa venue. Si les deux maintiennent cette dynamique ils devraient être aux alentours de 15 buts. C’est un vrai argument pour rester en haut du classement. »

Le GOAL FC prend exemple sur Villarreal et Naples

Avec 8 buts encaissés, le GOAL FC est l’actuelle meilleure défense de sa poule. Est-ce quelque chose de travailler à l’entraînement ?

« En sachant qu’on a pris cinq buts en deux matches. Lors des neuf premières journées de championnat, on était très performant. J’estime que lorsque tu as le ballon, tu es en sécurité. Un match de N2 dure en moyenne 60 minutes et on a entre 50 et 65 % de possession de balle. Forcément, l’adversaire ne va attaquer qu’entre 20 et 25 minutes. On perd que très peu le ballon en phase de construction, donc on ne subit que rarement des phases de déséquilibres. On a encaissé un but sur corner, coup-franc et sur pénalty. Dans le jeu, on n’est pas beaucoup mis en difficulté. On essaie de contre presser le plus haut possible et de fermer les espaces le plus rapidement possible. J’essaie de prendre exemple sur le Villarreal de l’année dernière et sur Naples. Les joueurs ont compris qu’il fallait une vraie mentalité collective et que tous ces efforts allaient nous permettre d’être le plus hermétique possible. »

Ce week-end vous allez recevoir Moulins Yzeure Foot. À quoi vous attendez-vous ?

« C’est une équipe qu’on a bien observée. Moulins Yzeure Foot produit du beau football. Je m’attends à un match difficile malgré leur position de relégable. On s’est également rendu compte que le match où on a été le plus en difficulté malgré nos 70 % de possession, c’était contre Chamalières. Inconsciemment, les joueurs perdent en rigueur et en concentration quand ils pensent que cela va être plus facile. Il va falloir être intelligent et patient. On est invaincu chez nous. Cela fait deux matches que l’on a plus goûté à la victoire. Il y a un réel décalage entre nos matches à domicile et à l’extérieur. Tous les matches de N2 sont compliqués à aborder. »

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