Les trois clubs de Saint-Pierre et Miquelon peinent à avoir des équipes dans toutes les catégories.
Les trois clubs de Saint-Pierre-et-Miquelon peinent à avoir des équipes dans toutes les catégories. (Photo DR)

Situé à l’Est du Canada, l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon compte seulement trois clubs de football. Mais près de 10% de la population est licenciée à la FFF avec 644 licences enregistrées.

« Le hockey sur glace est plus populaire que le foot ! » Nicolas Lemaine, l’entraîneur de l’AS Miquelonnaise la saison passée, annonce la couleur d’entrée. Car dans l’archipel, la pratique du football n’est pas facilitée par les conditions climatiques. Les matchs ne se déroulent que de début juin à fin septembre. Même pendant cette période, « c’est compliqué car les matchs sont parfois arrêtés, car il y a trop de pluie ou trop de vent ».

Lors de certains matchs, puisqu’il n’y a pas d’obstacles autour du stade, « les spectateurs regardent le match de leur voiture, et klaxonnent lorsqu’il y a un but », s’amuse le Miquelonnais. Pour ne pas subir des conditions de jeu extrêmes, de novembre à mars, le futsal remplace le football. Là encore, les clubs sont peu nombreux. Ils sont quatre, mais certains ont plusieurs équipes. Elles sont réparties en deux poules. Pour le football, quatre coupes sont organisées pendant l’été, où toutes les équipes s’affrontent deux fois. L’équipe qui a le plus de points remporte la coupe. À la mi-septembre, les points sont additionnés, le premier remporte le championnat et affronte le deuxième, lors de la finale de la Coupe de l’Archipel.

Les recrues se font rares…

Nicolas Lemaine joue à l’AS Miquelonnaise depuis ses cinq ans. Alors les adversaires, ils les connait car les recrues sont rares. Il vit sur l’île la moins peuplée, Miquelon-Langlade. « Les deux clubs de Saint-Pierre arrivent à faire signer des fonctionnaires qui ont envie de continuer le foot, explique Nicolas Lemaine. Et les jeunes de 16 ans sont surclassés en seniors. »

À Saint-Pierre-et-Miquelon, la rivalité, pourtant forte entre les clubs, est mise de côté pour que les enfants puissent jouer. Avec un peu moins de 7 000 habitants, il est difficile de  former plusieurs équipes par catégorie. Dans les deux prochaines années, « nous n’aurons qu’un seul jeune qui intégrera notre équipe senior » ajoute le titulaire du BMF, qui entraînait toutes les équipes du club de l’AS Miquelonnaise.

Pour aller jouer au canada, les Miquelonnais doivent faire une heure de bateau.
Pour aller jouer au Canada, les Miquelonnais doivent faire une heure de bateau. (Photo DR)

Un festival qui apporte 25% du budget !

Pour ne pas affronter toujours les mêmes équipes, les Saint-Pierre-Et-Miquelonnais se déplacent une fois par an au Canada. Les équipes de jeunes font de même. « Les petits s’entraînent quasiment tous les jours et ne sont en compétition qu’une fois par an. C’est frustrant pour eux. » Pour aller jouer au football au Canada, ils doivent prendre un bateau pendant une heure, puis faire quatre à cinq heures de route. Pour aller jouer à Saint-Pierre, les Miquelonnais doivent se rendre sur la presqu’île de Langlade puis emprunter un zodiaque pendant trente minutes. En 2010 et 2012, la sélection de l’archipel a également participé aux jeux de l’Outre-Mer.

Le club de l’ASM organise chaque année un festival des Fruits de le Mer qui réunit 500 personnes. « Les bénéfices du festival représentent près de 25% du budget du club, assure Nicolas Lemaine. Les joueurs et les habitants répondent présents car ils savent que le club est important sur l’île. » La FFF commence a vouloir développer le football sur l’archipel. Elle envoie depuis quelques saisons, une fois par an, un membre de la DTN pour assurer le développement. « Les aides financières et matérielles deviennent plus importantes également », rapporte l’ancien entraîneur de l’AS Miquelonnaise. Peut-être de quoi créer un véritable championnat…

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