Siège de la Ligue de Normandie
Le siège de la Ligue de Normandie. (Photo Sylvain Letouzé)

Ces dernières semaines ont été tendues dans le Ligue de Normandie et ce n’est peut-être pas encore terminé.

Le poker menteur est un jeu de dés dont l’objectif est de ne pas perdre les manches en faisant monter les enchères à chaque tour. Il est fondé sur le bluff. C’est un peu ce qui se passe depuis quelques semaines dans la Ligue de Normandie entre les différents acteurs de l’instance régionale. Entre déclarations contradictoires, décisions contestées, procès-verbal modifié ou encore volte-face, il devient difficile de savoir où est la vérité.

Mercredi, le comité de direction de la Ligue a décidé de maintenir ses deux groupes de Régional 1 à 13 équipes. « Il y a eu beaucoup de débats, le bureau directeur était parti à un moment sur la constitution de groupes à 14 équipes, mais il fallait une décision, via un vote, du comité directeur » a expliqué Pierre Leresteux, le président normand, au quotidien Paris-Normandie. Cependant, ce n’est pas tout à fait ce que Lionel Chandelier et Françoise Portello, les deux membres démissionnaires du comité de direction, ont raconté.

Le premier se repose d’ailleurs sur un message vocal d’Alain Flament, président de la commission régionale de gestion des compétitions, reçu le 20 mai dernier. Nous avons eu accès à cet enregistrement dont voici un extrait. « Ce matin, le bureau a décidé de compléter les groupes de R1 et de R2 à 14. On est chargé de l’opération en prenant le mini-championnat. Je te répète ce qui a été dit. Quant aux groupes de R3, hors de question d’aller en chercher dans les District. »

Qui a raison ? Qui a tort ?

Ce message contredit donc les propos de Pierre Leresteux et notamment le communiqué du 28 mai où le président de la Ligue affirme « En aucun cas, la définition du nombre d’équipes qui constitueront les groupes pour la saison 2020/2021 n’a été arrêtée ». Outre les deux membres du comité de direction, Jean Boquet (compétitions) et Michel Bellet (Règlements et contentieux) ont aussi démissionné de leurs postes. Ce qui n’est sûrement pas anodin… tout comme la pression mise par 25 des 26 clubs de Régional 1 qui ont affirmé qu’ils ne voulaient pas de championnat à 14 équipes.

Dans ce jeu du poker menteur, on pourrait ajouter l’échange de mail entre la Ligue de Normandie, le service juridique de la FFF et un membre de la Commission Fédérale des Règlements et Contentieux… laquelle commission a ensuite reçu plusieurs clubs normands qui contestaient les décisions de la Ligue. Sans en avoir toute la tonalité de ces échanges, cela mérite de se poser des questions.

Pierre Leresteux a aussi déclaré, à nos confrères de Ouest France, que « le bureau n’a aucun pouvoir de décision, le comité directeur est souverain c’est lui qui tranche ». Ce qui pose la question du procès-verbal du bureau du 14 mai, qui a été modifié (voir ci-dessous) en omettant une des deux hypothèses à soumettre au comité de direction. C’est donc bien le bureau qui a pris la décision dans ce cas.

Qui a raison ? Qui a tort ? Est-ce une nouvelle fois un épisode de la guerre entre Hauts-Normands et Bas-Normands ? Sans prendre partie pour un camp ou l’autre, il est toutefois juste d’affirmer que certains faits troublants… et que ces histoires ne servent pas du tout les intérêts du football et des clubs.

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