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De nombreux témoignages nous sont parvenus sur l’utilisation des emplois aidés dans le football amateur. Et certaines méthodes sont consternantes.

« Quand je suis arrivé au club, on avait pas moins de 22 joueurs sous contrat CAE ! » Cet entraîneur de championnat de Ligue avait halluciné il y a quelques années lorsqu’il avait pris en main un club de CFA2. Tous les joueurs de son effectif étaient salariés avec des emplois aidés… mais avec quelles tâches ? « Cinq ou six avaient des postes d’éducateurs, deux s’occupaient de l’administratif et de la communication mais les autres ne faisaient pas grand chose » poursuit notre technicien, qui a souhaité rester anonyme.

A la suite de notre article sur la possible fin des emplois aidés, de nombreux témoignages nous sont en effet parvenus. Principalement sur les abus. Alors emplois aidés ou emplois fictifs ? « Le problème, c’est que les instances n’ont aucun regard sur ces emplois aidés, explique un dirigeant de Ligue. Concernant ce qu’on appelle les emplois CNDS (Centre National pour le Développement du Sport, N.D.L.R.), il doit y avoir un véritable parcours de formation qui est suivi. D’ailleurs, toutes les demandes n’aboutissent pas. » Ce qui n’est pas le cas des fameux CAE-CUI, les emplois aidés les plus fréquemment utilisés par les clubs.

Pourtant le Ministère du travail impose que le salarié embauché en CAE-CUI bénéficie d’au moins une action d’accompagnement ou de formation. « Le plus simple est de proposer d’inscrire le joueur à une formation d’entraîneur tout en lui donnant un rôle d’encadrement, précise un président du Nord de la France. Généralement, la mission locale qui est en charge de valider ces contrats aidés ne pose pas de problème. »

« Une super chance pour les collectivités et les clubs ! »

Et cela permet d’avoir un joueur sous contrat qui ne coûte que quelques centaines d’euros au club. « Le problème de certains clubs, c’est qu’ils ont tendance à tout confondre, ajoute notre élu de Ligue. Et cela se fait forcément au détriment d’autres clubs qui ont fait le choix de la structuration et donc de l’accompagnement pour l’emploi. »

Car de nombreux clubs utilisent les emplois aidés tout en mettant en place une pérennisation de ces emplois à moyen terme. « C’est une super chance pour les collectivités et les clubs, assure un président de la Ligue des Pays de la Loire. Ça va nous obliger à réfléchir. A la base, on avait besoin de ces emplois pour des éducateurs. Mais cette mesure va nous obliger à mutualiser nos emplois avec d’autres associations. »

Ce qui se fera forcément au détriment du niveau des joueurs car un attaquant de National qui signe en Région 1 acceptera-t-il de s’occuper de la cantine scolaire ? Pas sûr… Alors emploi aidé est-il souvent égal à emploi fictif ? Dans de nombreuses situations, la frontière est en effet très mince. Ce qui pourrait très vite changer !

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