En 2018, Marc Martinet, alors président du District, avait été suspendu trois ans pour ingérence dans un dossier disciplinaire. Et ce n’était pas la première fois.

En novembre 2018, six membres de la commission de discipline du District du Grand-Vaucluse démissionnaient. Ils reprochaient au président de l’instance départementale, Marc Martinet, une ingérence dans un dossier disciplinaire concernant un éducateur. En février 2018, cette personne s’était battue avec le père d’un joueur à l’issue d’un match U13. La victime avait fourni un certificat médical avec une ITT inférieure à huit jours. L’agresseur a été sanctionné de neuf mois de suspension dont trois mois avec sursis.

Sauf que cet éducateur était déjà sous le coup d’une suspension au moment des faits puisque la Ligue de Méditerranée l’avait suspendu six mois, dont deux mois avec sursis, pour « propos blessants et intimidations / menaces verbales à l’encontre d’un officiel en dehors de la rencontre » lors d’un match de U15 DH. Cette sanction, alourdie en appel auprès de la FFF à six mois fermes, prenait effet le 13 décembre 2017. Il était donc suspendu en février 2018 et sa suspension en District est venue s’accumuler à celle de la Ligue.

C’est là que Marc Martinet est intervenu en demandant que la date d’effet de la sanction soit le 2 mars 2018, date d’ouverture du dossier disciplinaire, au lieu que l’éducateur suspendu ne purge dans la continuité de la suspension initiale. Selon les témoignages des membres démissionnaires de la commission de discipline, le président du District leur a notamment affirmé, lors d’une réunion qu’il avait sollicitée le 15 novembre 2018, « Ça m’est arrivé que deux fois d’intervenir, je me suis fait baiser une fois par la commission disciplinaire ».

Déjà suspendu par la Ligue en 2016 !

Puis quelques jours plus tard, Marc Martinet a envoyé un SMS assez explicite à un ex-membre de sa commission de discipline en justifiant son intervention – « vous vous trompez de combat, ce n’est pas un mai mais un intérêt » ou encore en fustigeant la Ligue de Méditerranée – « on ne gagne pas des combats contre les tricheurs de la Ligue en étant droit ».

Alertée, la commission de discipline de l’instance régionale a sanctionné le président du District du Grand-Vaucluse de trois ans de suspension pour « ingérence dans un dossier disciplinaire », « fraude par modification du procès-verbal et de la décision rendue par la commission de discipline » et « atteinte à la morale sportive, par des allégations et l’imputation d’un fait portant atteinte à l’honneur, à l’image et à la réputation de la Ligue de Méditerranée et de ses dirigeants, en situation de récidive ». Sanction confirmée en appel par la FFF.

Car Marc Martinet n’en était pas à son coup d’essai. Il avait en effet été sanctionné de trois mois de suspension par la même commission de discipline en 2016 pour avoir tenu des propos insultants envers la Ligue… alors qu’il souhaitait se présenter à la présidence de l’instance régionale contre Eric Borghini. Mais il avait aussi imposé une conciliation au CNOSF dans le dossier de la suspension d’un autre éducateur (réduction à 6 ans au lieu de 10 ans) contre l’avis de sa commission de discipline… cet éducateur ayant aussi été suspendu par la Ligue de Méditerranée dans un autre dossier (on reviendra dessus prochainement).

Suspendu jusqu’en 2022, Marc Martinet rêve toujours de revenir à un poste de responsabilité. « J’ai été victime d’un vrai lynchage », n’hésitait-il pas à affirmer en février 2020 à nos confrères de La Provence ajoutant « mon prochain combat va ainsi consister à démontrer toute l’injustice que j’ai subie dans mon engagement et dans mon honnêteté ». Chacun se fera son opinion…

Prochain épisode : Marc Martinet, le Roi déchu qui rêve de devenir Empereur !

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