Plusieurs joueurs ont été convoqués au Palais de justice cette semaine.
(Image Adobe Stock)

Les faits datent d’avril 2018. Un match de U19 de la Ligue de Normandie entre Mondeville et Bayeux avait dégénéré. Deux joueurs mondevillais ont été condamnés.

Deux joueurs du club de football de Mondeville (Calvados) ont été condamnés, mercredi, par le tribunal correctionnel de Caen à deux mois de prison avec sursis. Poursuivis pour violences en réunion, ils leur été reproché d’avoir agressé un joueur adverse et un dirigeant lors d’une rencontre disputée à Bayeux, le 14 avril 2018.

Jusque-là inconnus de la justice, Alban-Eric Bekombo et Mattéo Demissy devront également effectuer, à leur frais, un stage de citoyenneté. La présidente du tribunal, qui avait mis sa décision en délibéré, les a également condamnés à verser 600 euros de dommages et intérêts à Quentin Le Cardinal, le gardien qui évoluait alors au sein du Bayeux FC. 

Blessé à la tête après avoir reçu un coup, le portier avait dû être hospitalisé. Ce jour-là, la situation en fait avait dégénéré en trois ou quatre minutes. « Personne n’a pu maîtriser les jeunes, je n’avais jamais vu ça » se souvient Jérémy Lecouturier, éducateur des U19 au sein du club. Seule l’intervention des gendarmes avait permis de rétablir le calme autour du terrain.

La situation s’était tendue à la 80e minute après un penalty transformé par Mondeville, qui était alors mené 2-0. Expulsé après avoir insulté un joueur mondevillais, Alban-Eric Bekombo avait été pris à partie par des spectateurs et parents de joueurs présents dans les tribunes du stade Argouges. « Il n’est pas sorti comme ça, décidé à en découdre sans aucune raison. Il y a eu des choses de dîtes » précise Laurent Glaize, le manager général de l’USONM.

Au moment de regagner le vestiaire, le joueur aurait été victime d’insultes racistes. « Son geste est impardonnable, mais il a réagi à une provocation, regrette le dirigeant mondevillais. Il faudrait aussi s’occuper de ces gens qui tuent le sport. C’est pareil partout en France, il y a beaucoup de débiles autour du terrain. »

A la suite de cette violente altercation, plusieurs Bayeusains avaient également tenté de se réfugier dans leur vestiaire avant d’être poursuivis et frappés à leur tour, avec à la clé quelques ecchymoses des deux côtés. Les deux prévenus, âgés de 19 ans, avaient été suspendus avant d’être réintégrés au sein de l’effectif quelques mois plus tard. « On veut les accompagner, c’est plus pédagogique de remettre un jeune sur le droit chemin que de le dégager, précise Laurent Glaize. Aujourd’hui, ils arbitrent et ils entraînent les gamins. »

Choqués, les joueurs de Bayeux avaient quant à eux mis le ballon de côté pendant quinze jours avant de pouvoir rechausser les crampons. « Ça n’a pas été facile mais c’est de l’histoire ancienne, assure Jérémy Lecouturier. Le club ne veut pas polémiquer. J’espère seulement que les tous les jeunes comprendront que le terrain n’est pas un lieu de violences. On ne rentre pas sur un terrain pour se faire justice. » Lors de l’audience, le 20 février, le procureur de la république avait requis trois mois de prison avec sursis à l’encontre des deux footballeurs, étudiants en STAPS.

A Caen, avec Benjamin Morin (PressPepper)


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