Les chiffres de l’observatoire des comportements de la FFF donnent une tendance à la baisse des violences et incivilités. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde.

Entre 2016 et 2018, l’Union Nationale des Arbitres Français (UNAF) a relevé que le nombre d’agressions d’arbitres avait triplé. « Notre outil n’était pas encore au point en 2015-2016 car c’était le lancement du portail, il devait donc y en voir beaucoup plus, tempère Damien Groiselle, responsable de l’UNAF Paris Île-de-France. Ce qui réduit aussi la différence avec l’année dernière. Mais le nombre d’agressions est toujours trop important ! » Pour les arbitres, « il semble y avoir une hausse ».

Pourtant, les chiffres de l’observatoire des comportements indiquent le contraire. « En 2018, sur 676 172 matchs observés, 10 312 ont sont concernés par des incidents, ce qui représente 1,5%, explique Matthieu Robert, chef de projet Action citoyenne et sociale à la FFF. La tendance est donc plutôt à la baisse puisque l’année précédente, nous étions à 1,8% de matchs concernés par des incidents. » Mais les chiffres remontés par les Ligues et les Districts sont-ils fiables ? Certaines instances ne minimisent-elles pas la violence sur leurs terrains ?

« Il y a forcément quelques imperfections car certains Districts ne saisissent pas toutes leurs données, concède Pierre Samsonoff, directeur de la Ligue de Football Amateur (LFA). Mais sur le nombre de matchs, cet indicateur reste très fiable. On est la seule fédération à recenser les incivilités et la violence depuis huit ans. Concernant les instances qui ne remontent pas leurs données, des sanctions financières ont été mises en place. Je pense qu’on a donc une vision plus exhaustive que l’UNAF. »


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Si violences et incivilités sont en baisse de manière globale, deux facteurs peuvent amener à penser le contraire. Tout d’abord un nombre de matchs plus important avec la hausse des licenciés, ce qui peut donc lisser les chiffres. Ensuite, les agressions sont plus brutales, notamment à l’encontre des arbitres puisque les joueurs n’hésitent plus à frapper les officiels. « Il y a quelques années, le joueur qui pétait un plomb mettait ou gifle ou poussait l’arbitre alors que ça va beaucoup plus loin aujourd’hui » admet Damien Groiselle.

« C’est pour cela qu’un accord a signé avec la Cour d’Appel de Rennes pour aller plus vite quand il se passe quelque chose de grave » précise Pierre Samsonoff. De nombreux Districts ont aussi mis en place des conventions avec leur Préfecture. Ce qui permet des instructions très rapides auprès de la justice pour les agressions les plus graves. « Ça va même plus vite que la commission de discipline lors de certains cas » indique le responsable de l’UNAF Paris Île-de-France en faisant allusion à ce joueur condamné à de la prison ferme début avril pour l’agression d’un arbitre.

Ce qui est certain, c’est que tout le monde a conscience des violences et incivilités sur les terrains. « Avec l’observatoire des comportements, on a une photographie des clubs, des catégories mais aussi des périodes les plus concernés, signale Matthieu Robert. C’est une bonne base de travail et le message qu’on souhaite faire passer. On est à l’écoute des clubs. » Il faut désormais espérer que cela portera ses fruits… avant qu’un vrai drame arrive.


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