De (gros) chantiers attendent Noël Le Graët pour le football amateur

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La formation des arbitres (ici une session féminine en Pays de la Loire) est un gros enjeu de la nouvelle mandature. (Photo Jérôme Bouchacourt)
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Réélu pour un quatrième mandat ce samedi matin, Noël Le Graët a désormais de gros chantiers devant lui notamment sur le football amateur.

Le premier comité exécutif de la nouvelle mandature se déroulera le 24 mars prochain, comme l’a confirmé Noël Le Graët ce samedi à l’issue de l’élection à la présidence de la Fédération Française de Football. Il sera notamment débattu de la fin des compétitions amateures comme le demandent les Ligues depuis quelques semaines. Mais ces prochaines semaines, de gros chantiers vont devoir être mis en place pour les prochaines années.

Car si Noël Le Graët a été réélu par des « grands électeurs », le mécontentement reste latent dans les clubs avec une situation sanitaire qui ne les a pas épargnés. Quoi qu’en dise le « Prez », ce ne sont pas « dix millions d’euros de dotations en matériel (ballons, chasubles, maillots…) » qui vont contenter toutes ces associations à l’arrêt depuis maintenant un an. Un plan de relance est donc nécessaire très rapidement.

L’arbitrage amateur

C’est le gros point noir depuis quelques années. En octobre 2018, nous avions déjà alerté sur le mal-être des jeunes arbitres. Un tiers arrêtaient au bout d’une saison et la moitié avant la troisième saison ! « Les jeunes qui arrivent sur les terrains, il ne faut pas les laisser seuls » nous avait confié Bruno Derrien, ex-arbitre international. L’accompagnement de ces jeunes arbitres est en effet un réel problème.

La conséquence est donc un manque de renouvellement dans l’arbitrage amateur. Plusieurs présidents de District nous avaient d’ailleurs expliqué ne pas pouvoir désigner d’arbitres sur le deuxième niveau départemental. Le statut de l’arbitrage doit aussi être réviser car certains clubs fournissent des arbitres mais ne peuvent pas en bénéficier lors de leurs matchs. Notamment les plus petits.

Le football féminin

Même si Noël Le Graët continue de marteler que « la France est la troisième Nation au classement FIFA », le football féminin reste un chantier important. L’équipe de France et ses bons résultats sont un peu l’arbre qui cache la forêt. Il y a tout d’abord la pyramide des championnats et leur professionnalisation qui sont à revoir (voir ci-dessous).

Mais c’est surtout le développement des clubs et des écoles de foot qui pose un sérieux problème. Certains règlements – comme la licence club pour les Nationaux ou les groupements et leurs limites – peuvent freiner l’essor du football féminin. Il manque aussi un réel engagement sur la qualité de la formation.

« C’est bien de faire de la masse pour gagner des licenciés mais on a oublié le développement des joueuses, ce qui posera forcément un problème de qualité à moyen terme » souligne une technicienne régionale. Une réalité qu’il faudra gommer au plus, tout comme la formation des éducatrices trop peu nombreuses actuellement.

Les championnats nationaux

De l’aveu même de certains élus et cadres de la FFF, « avec le National 3 on a créé un monstre ». Ce championnat régionalisé est de plus en plus contesté. Les clubs préféreraient affronter des adversaires d’autres Ligues, comme dans l’ancien CFA2, pour redonner un intérêt sportif. Il devient donc nécessaire de réduire le nombre de clubs, ce qui aurait aussi pour conséquence de renforcer le niveau régional. Le National 2 et la D2 féminine doivent aussi être réformés car ils sont aujourd’hui beaucoup trop hétérogènes avec des budgets disparates.

Le développement du Futsal

La France est toujours largement à la traîne par rapport à de nombreux pays européens (Italie, Espagne, Portugal). Or le Futsal est une mine d’or en termes de licenciés, de spectacle mais aussi de développement du joueur. Il est devenu nécessaire de professionnaliser la D1 Futsal – avec notamment la création d’un contrat fédéral spécifique – mais aussi réfléchir à l’attractivité de la D2 Futsal. C’est un énorme chantier !

L’évolution de la gouvernance

Le mode actuel des élections met les clubs de côté. Comme dans certaines Ligues (Nouvelle-Aquitaine, Paris Île-de-France), il est devenu nécessaire que les clubs aient une meilleure représentation lors des élections fédérales, à l’instar du rugby. Si le projet de loi pour « démocratiser le sport en France » va être étudié au mois d’avril par l’Assemblée nationale, la FFF doit commencer à réfléchir sur le sujet car il sera sûrement impossible de faire voter les 13 600 clubs de l’Hexagone !

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