Les femmes arbitres sont souvent (trop ?) cantonnées au matchs féminins.
Les femmes arbitres sont souvent (trop ?) cantonnées au matchs féminins. (Photo Ligue de Football des Pays de la Loire)

Depuis quelques saisons, le football féminin est en pleine croissance. Si les instances veulent surfer sur cette vague, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Ah ! Le 8 mars et cette fameuse journée internationale de la femme est l’occasion de mettre en exergue le sport féminin. Ce jour où l’ont voit fleurir des interviews, des portraits, des magazines sur le sport féminin. Ce jour où l’on se dit « tiens, on va les mettre en valeur ». Joueuses, entraîneur(s- ses), dirigeantes ou arbitres sont soudainement sous les projecteurs.

Si l’intention est louable, le sport féminin ne devrait pourtant pas être visible une fois dans l’année. Certains médias ont bien compris l’importance du sport féminin comme Ouest France qui a lancé une newsletter intitulée Sportives sous l’impulsion de la journaliste Virginie Bachelier. « Le chemin est encore long mais celles qui l’empruntent ont une détermination qui semble difficile de stopper » a notamment écrit aujourd’hui notre consœur.

Et c’est tellement vrai ! Aujourd’hui, la FFF a publié une vidéo sur les chiffres clés du football féminin. Au 6 mars, il y a 179 053 licenciées contre 58 565 en juin 2012, soit une hausse de 138% ! Le nombre d’éducatrices a doublé (1 544 contre 831) mais ce n’est pas le cas des dirigeants et des arbitres, dont la progression est en-dessous de 50%.

« Je suis licenciée depuis 18 ans et j’ai encore du mal à me faire une place au sein de mon club, nous expliquait en début d’année une dirigeante. Il reste encore une forme de machisme, surtout quand on veut apporter des idées neuves. » Et c’est là que le bât blesse… et c’est encore pire sur l’arbitrage comme nous en avions fait écho fin octobre dans notre article Les arbitres féminines ont toujours du mal à se faire une place.

Mais c’est tout le football féminin qui est aujourd’hui à inventer. Si les nombreuses aides ou actions des instances sont louables, elles ne sont pas encore suffisantes pour faire face au développement XXL du foot féminin ! Les compétitions ne sont pas aujourd’hui adaptées, notamment chez les jeunes filles. Car si le nombre de clubs possédant une section féminine a doublé entre 2012 et 2019 (3 035 contre 1 546), il faut prendre en compte la différence de niveau à l’image des U15 du FC Nantes qui gagnaient par 40 buts d’écart en début de saison.

Il faut espérer que la coupe du Monde 2019 qui a lieu en France cette année, avec déjà un superbe succès populaire, sera un véritable booster pour le football féminin. Car comme l’a affirmé Louis Aragon dans son recueil de poèmes Le Fou d’Elsa en 1963, « l’avenir de l’homme est la femme » !


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