Joie but LE BIVIC Mickaël
La joie sur le but de Mickaël Le Bivic. (Photo Philippe Le Brech)

Après s’être imposé 2-1 contre le FC Guipry-Messac, l’US Perros/Louannec (R2) s’est offert une nouvelle N3, Lannion pour accéder au huitième tour de Coupe de France. Retour sur cet exploit.

Ils l’ont fait ! L’US Perros/Louannec vient d’obtenir son ticket pour le huitième tour de la Coupe de France. Pour décrocher ce fameux sésame, l’USPL a dû longuement batailler lors de ce derby du Trégor contre Lannion. Pourtant, dans ce premier acte, le pensionnaire de R2 a fait jeu égal avec le douzième de la poule Bretagne de National 3. Mais la rencontre a pris une tout autre tournure aux retours des vestiaires.

« En tout début de seconde mi-temps, on perd un ballon assez bêtement au milieu de terrain explique le gardien Jérémy Derrien. Ils ont procédé en contre pour remonter le ballon très rapidement devant mon but et pour marquer à la 52′. » Après cette ouverture du score, tout se mélange dans la tête du portier. « Je me suis dit merde. Tout va se compliquer. Surtout qu’en première mi-temps nous n’avons pas eu pléthore d’occasions. »

L’exclusion : le tournant du match !

Et pour couronner le tout, quelques minutes plus tard un nouveau drame se produit. Yann Le Picard, joueur d’expérience passé par Beauvais, Chambly ou encore Bastia/Borgo voit rouge. Le latéral gauche est contraint de rejoindre les vestiaires et de laisser ses coéquipiers à dix. Mais pas de quoi décevoir son entraîneur Jérémy Fabre.

« Je connais très bien l’individu et sa mentalité, affirme le technicien de Perros Louannec. On sait que ça lui arrive souvent de perdre quelques fois les pédales sur le terrain. Ce n’est pas son premier carton rouge avec nous. À ce moment-là, je suis malheureux pour lui, parce que je pense qu’il va prendre une sanction assez lourde. Mais sur le coup, je ne lui en veux pas, je pense à comment maintenir mon équipe en vie. Et j’insiste toujours sur la notion du groupe, je n’allais pas le viser en particulier. »

Jérémy Fabre est passé par toutes les couleurs durant ce match. (Photo Philippe Le Brech)

« Au moment de l’égalisation, je n’ai pas pu voir le but. »

Mais pas de place pour le doute. Le coach ne se précipite pas et décide de prendre son temps. « Ma première idée, c’était de ne pas paniquer. Certes, on courrait beaucoup et n’avions pas beaucoup la possession du ballon mais on était loin d’être malmenés. Je ne voulais pas réagir trop vite. » Après mûres réflexions, il fait le premier pas et décide d’opter pour un 4-4-1 à la place du 4-4-2 mis en place initialement. Mais ce système ne lui convient pas. Avec son adjoint, il réfléchit, se creuse la tête. Tellement obnubilé par ses pensées il avouera ne pas avoir vu l’égalisation de son équipe.

« Au moment du but, avec mon adjoint, on voulait passer à un 3-4-2, on réfléchissait déjà aux changements auxquels on allait procéder. Par conséquent je n’ai pas pu voir le but. Et au moment de l’égalisation, j’ai rangé mon papier dans ma poche et je suis resté sur la tactique de base. J’ai juste fait un remplacement. »

« Les supporters nous ont apporté un supplément d’âme ! »

Le sauveur a pour nom Mickael Le Bivic. Déjà auteur d’un doublé lors du tour précédent, l’attaquant a récidivé à la 67′. À la suite du centre de son latéral gauche et du mauvais renvoi de la défense adverse, il réceptionne le ballon et d’une superbe frappe enroulée côté opposé, arrive à prendre en défaut le gardien adverse. Un but salvateur dédié à toute l’équipe. « Lors de la préparation, je n’ai pas marqué un seul but alors que j’aurais dû mettre entre 5 et 10 réalisations, confie-t-il. Mais le groupe est toujours resté solidaire et motivé envers moi. Ils m’ont toujours soutenu en me disant que ça allait finir par rentrer. Si j’ai marqué, c’est grâce à eux. C’est vraiment beau. Je dois être à huit buts cette saison, je n’en ai jamais mis autant, ce n’est pas anodin (rires). »

L’infériorité numérique ne s’est pas réellement fait ressentir. L’US Perros/Louannec a pu compter sur un atout de taille. Ses supporters. Pas moins de 2100 spectateurs étaient présents au sein de leur stade Yves Le Jannou. « C’était une ambiance incroyable ! Je tiens à les remercier, car cela fait maintenant plusieurs tours qui nous suivent et qu’on peut compter sur eux, révèle Mickael Le Bivic. On n’a pas senti qu’on a joué à dix grâce à eux. Ils nous ont apporté un supplément d’âme, ils nous ont donné envie de nous surpasser, de ne rien lâcher. La création, cette année de notre groupe d’Ultra est lié à notre parcours. »

Le stade Yves Le Jannou a fait le plein pour le Trégorico. (Photo Philippe Le Brech)

Direction les tirs au but

Le temps continue de défiler. Les minutes s’écoulent et aucune des deux équipes n’arrivent à faire la différence. À l’issue du temps réglementaire à dix contre onze, l’US Perros/Louannec a réussi l’exploit de tenir à tête à son rival local. Mais pas question de s’enflammer, la terrible séance de tirs au but attends les 21 acteurs de ce derby. Malgré la qualification, déjà aux tirs au but, lors du cinquième tour contre Coataudon (6-5) dont trois tirs adverses sortis par Jérémy Derrien, aussi étonnant que cela puisse paraître, aucune préparation spécifique n’a eu lieu en amont.

Un poteau et deux arrêts. Grâce à la performance (une nouvelle fois) XXL de son portier dans cet exercice en face à face (3-2), l’US Perros/Louannec jubile et va donc poursuivre son aventure au sein de cette Coupe de France. Une qualification au goût particulier pour Jérémy Fabre, ancien joueur de Lannion. « Pendant dix saisons j’ai évolué en seniors là-bas. J’étais content de retrouver mon ancien club, il n’y avait aucune rancœur. J’ai quitté le club dans de bonnes conditions. Lannion a été important pour moi autant d’un point de vue footballistique que professionnel. Il n’y avait aucun esprit de revanche, c’était plaisant de retrouver d’anciens coéquipiers. »

Un parcours tout simplement historique ! Depuis la fusion des deux clubs (l’US Perros-Guirec et Louannec Sports) en 2002, l’équipe fanion n’était jamais allée plus loin que le quatrième tour de la Coupe de France. Mais Louannec, si. En 1994, le club était arrivé à ce même stade de la compétition contre le Stade Briochin, pensionnaire de Ligue 2 à l’époque. Et pour la petite histoire, ce jour-là était présent Jean-Yves Brient, « le meilleur joueur du secteur » d’après les propos du président Albert Cadiou, qui est tout simplement le père du capitaine de l’USPL, Yoann Brient.

Jérémy Derrien a fait le boulot lors de la séance de tirs au but. (Photo Philippe Le Brech)

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