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Et si 1% de chaque transfert était prélevé chaque année pour créer un fond d’aide, notamment pour le football amateur. L’économiste du sport Pierre Rondeau nous explique cette idée.

Samedi dernier, l’économiste du sport Pierre Rondeau et le politique Richard Bouigue ont signé une tribune dans l’Huffpost. Ils proposent la création d’une contribution de 1% sur les transferts mondiaux afin d’aider les précaires du football. Si cette tribune est largement axée sur les footballeurs professionnels, la contribution sur les transferts pourrait profiter à tout le football.

« Au départ, cette idée vient l’économiste du sport Wladimir Andreff qui proposait de taxer les transferts pour les jeunes joueurs de moins de 21 ans, nous explique Pierre Rondeau. Elle était surtout faite pour que les clubs soient désintéressés sur le recrutement des jeunes joueurs. Avec Richard Bouigue, notre proposition va plus loin. Prélever 1% de tous les transferts pourrait permettre de créer un fond d’aide et de développement. » Et si l’idée est de pouvoir aider les joueurs pros dans la précarité, car on estime que 50% des footballeurs se retrouvent ruinés au moins 5 ans après la fin de leur carrière, le football amateur n’est pas ignoré.

« Aujourd’hui, il existe une énorme disparité entre les petits clubs qui peinent à boucler leurs budgets chaque année et d’autres qui achètent des joueurs avec des dizaines de millions d’euros, poursuit l’économiste du sport, qui est aussi chargé de cours à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Les clubs professionnels n’aident pas assez les clubs amateurs. Pourtant, ce sont bien ces petits clubs qui leur fournissent leurs joueurs. Il est nécessaire que le pouvoir politique prenne cela en main. »

Des contacts avec l’UNFP, la LFP et la FIFA !

Après cette tribune, certaines réactions ont été assez virulentes. « On nous a traité de communistes, rigole Pierre Rondeau. Mais on n’est pas contre les transferts. Il faudrait simplement les réguler et faire en sorte qu’une partie de cet argent puisse servir au football amateur au développement du football féminin ou encore à la formation des joueurs en fin de contrat dans les centres. » Globalement, les retours sont plutôt positifs et cela commence à intéresser les instances du football.

« J’ai été contacté par l’UNFP alors que la LFP et la FIFA doivent prendre contact prochainement pour qu’on puisse se rencontrer, précise-t-il. Nous allons aussi organiser un colloque avec la fondation Jean-Jaurès* à la rentrée. Ce n’est que le début et j’espère qu’on va pouvoir aller très loin ! » En tout cas, l’idée est excellente si elle peut donner un gros coup de pouce au développement du football amateur.

Reconnue d’utilité publique, la Fondation Jean-Jaurès agit aux côtés de tous ceux qui défendent le progrès et la démocratie dans le monde

 

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