Come Grieu (à gauche) vient de passer une saison dans le Sud de l'Angleterre. (Photo DR)

Originaire de la Manche, le jeune gardien vient de passer un an à jouer Outre-Manche dans un club de 9e division. Il raconte son expérience.

Peux-tu nous rappeler ton parcours avant de partir en Angleterre?
J’ai débuté le football assez tard, il y a seulement 4 ans en D5 dans un petit club de centre Manche : la jeunesse Cenillaise. Je suis resté un an et en parallèle j’ai intégré l’école des gardiens de l’US Granville géré par Jeremy Aymes, Clément Daoudou et Corentin Rioult. Puis j’ai rejoint le club de Saint-Jean-des-Champs où j’ai joué pendant 2 ans, la première année en Départemental 3 puis en Régional 3. La deuxième saison a été beaucoup plus compliquée car le courant n’est pas du tout passé avec le nouveau coach et je suis resté en réserve. J’ai ensuite décidé de partir en Angleterre en septembre 2017 où j’ai rapidement trouvé un club, Arundel FC en 9e division.

Pourquoi es-tu parti Outre-Manche?
Ça faisait quelques années que ça me trottait dans la tête. J’avais besoin d’aller voir ce qui se passait là-bas pour me faire ma propre opinion des choses. Je sentais que c’était le bon moment de partir découvrir un nouveau championnat après trois ans passés à jouer en France. Je voulais aussi me prouver des choses à moi-même et rendre fier mes proches. De plus je suis un fan de foot anglais. Je savais que c’était le bon moment de partir.

« Le foot anglais est très rythmé et très physique ! »

Quelle a été la réaction de ton entourage ?
J’ai la chance d’avoir une famille très ouverte. Ma mère est partie vivre en Allemagne dans sa jeunesse et mes sœurs aussi grâce au programme Erasmus. Mes proches m’ont encouragé à partir. Outre l’expérience de l’immersion dans un autre pays, c’est la perspective de parler anglais qui les a encore plus rassurés.

Quelles sont les différences entre le foot anglais et le foot français ?
Par rapport à ce que j’ai connu en France, le foot anglais est très rythmé et très physique. Quand tu es gardien de but, il faut apprendre à te faire respecter et à rendre les coups. Les matchs sont hyper ouverts. Ca va d’un but à l’autre pendant 90 minutes. En Angleterre, la D4 est professionnelle et de la D5 à la D9 le football est semi-pro. Il y a 20 équipes dans le championnat. En Angleterre, tu joues environ 50 à 55 matchs par saison. Entre début août et fin octobre, nous avions deux matchs par semaine (mardi et samedi), puis seulement le samedi durant l’hiver car les terrains souffrent durant cette période. Il y a très peu de terrains synthétiques.

Comment as-tu senti l’engouement pour le football en Angleterre?
En Angleterre, le football est une vraie religion. L’engouement autour du foot y est énorme. De la Premier League à la douzième division, tout le monde joue à 15 heures. Même en D9, les entrées sont à 6£ et à chaque match les affluences varient de 100 à 300 spectateurs. Toutefois durant le boxing-day le 26 décembre à 11h, le derby entre les deux clubs d’Eastbourne a réuni 674 spectateurs. Les clubs ont de vrais staffs avec un coach, un coach adjoint, un physio et un même un entraîneur des gardiens. Pour chaque rencontre, un programme de match est imprimé et vendu. Leurs clubs house sont de véritables pubs où on peut boire et même manger comme dans un restaurant. Certains clubs ont même leur propre agent de sécurité à l’entrée du stade. Le plus drôle c’est les gamins derrière le but qui t’insultent à chaque fois que tu touches la balle, ça fait partir du folklore anglais.

Le stade d'Arundel dans le Sussex, à quelques kilomètres de la Manche.
Le stade d’Arundel dans le Sussex, à quelques kilomètres de la Manche. (Photo DR)

 

« Peu de temps pour se reposer ! »

Avais-tu un job en parallèle du football ?
Oui, il est compliqué de vivre de foot en D9. Mais il faut savoir que beaucoup d’argent circule dans les clubs entre les fixes et les primes. J’étais serveur dans l’un des hôtels-restaurant les plus chics de la ville. J’avais un contrat de 39h mais on était plus près des 50h par semaine. Avec les entraînements et les matchs, ça laissait peu de temps pour se reposer. Par chance, au travail, j’avais un manager qui s’arrangeait avec moi pour que je ne puisse rien rater.

Comment envisages-tu la saison prochaine ?
Pour le moment je reste ouvert à toute proposition. J’ai rencontré quelques clubs de Régional 3. Mais rien n’est signé. J’ai la chance d’être un joueurs non-muté alors je préfère prendre mon temps. Je suis encore jeune, j’ai besoin de travailler et j’ai encore beaucoup à apprendre.

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