Toute la semaine, Cédric Sautour est entouré par des star du football. Mais il est heureux de retrouver le monde amateur chaque week-end avec le FC Fleuré.
Toute la semaine, Cédric Sautour est entouré par des star du football. Mais il est heureux de retrouver le monde amateur chaque week-end avec le FC Fleuré. (Photos DR)

Un jour à Marseille, le lendemain à Lille… un mardi avec Rémi Vercoutre, un vendredi avec Rudi Garcia. La vie de Cédric Sautour est un marathon plein de surprises ! Rencontre avec un entraîneur de District qui baigne dans le foot business.

Cédric Sautour est d’abord un passionné de sport et de football en général. Gamin, il arpentait le centre de formation Cap Girondin mais sa lucidité et sa maturité lui ont vite fait comprendre que son rêve de gosse de devenir professionnel ne pourrait pas se matérialiser. Sans pour autant renoncer à sa passion, il a donc décidé d’en vivre mais d’une autre manière. A 37 ans, ce papa heureux de deux petites filles écume l’Europe pour Adidas. Certes, par monts et par vaux la plupart du temps, Cédric Sautour trouve toujours le temps de jouer mais surtout désormais de coacher son équipe de cœur, le FC Fleuré, qui évolue en District 1 de la Vienne. ce néo coach démontre au jour le jour que le sport business peut se conjuguer avec le foot plaisir, en mettant en avant les valeurs du football amateur.

« Sans formation ni amateurs le week-end, il n’y a pas de monde pro, résume le cadre de la marque aux trois bandes. La limite entre les deux est particulièrement fine ». Car de belles histoires sportives ont commencé un dimanche après-midi au niveau amateur. « Kanté, qui se retrouve en Equipe de France pendant l’Euro en est l’exemple type » rappelle le Poitevin. Le rêve agit comme un moteur, il faut s’en nourrir. Dans le football, la Coupe de France reste le meilleur moyen pour permettre à tous ces passionnés de toucher cette part de rêve. » Cédric Sautour vit cette affirmative au quotidien avec son club : « un de nos jeunes joueurs du FC Fleuré rêve de vivre du football, cela parait tellement improbable, utopique que c’est beau à voir… Cela agit comme une motivation. On ne peut que l’encourager. » Ces deux mondes sont donc apparemment clairement indissociables.

« Je suis un privilégié mais je vis pour ma passion ! »

Un jour avec Rémi Vercoutre, un autre avec Rudi Garcia... la vie de Cédric Sautour est un véritable marathon
Un jour avec Rémi Vercoutre, un autre avec Rudi Garcia… la vie de Cédric Sautour est un véritable marathon. (Photo DR)

Le Foot paillette est désormais légion. On ne peut pas comparer l’image véhiculée par un PSG et un SM Caen. Cédric est « toujours ébloui par ces gamins qui regardent leur idole à Lorient ou Bordeaux ». Ces joueurs professionnels « vivent dans un vase clos par soucis généralement de protection et non d’inaccessibilité… Mais ces footballeurs se montrent très curieux de ce qu’il se passe dans les divisions inférieures de la ville où ils évoluent. Je ne vais pas dire qu’ils jouent par obligation mais ils ont envie de connaitre une histoire de football, un parcours en Coupe en jouant avec leurs copains… Je peux citer Quentin Bernard ou Johan Gastien qui sont restés très proches de cette réalité. Souvent, ils viennent voir Fleuré et Beaumont pour partager des moments d’amitié et de connivence. Ils sont parfois seuls, j’ai la chance par mon travail de les approcher, de les côtoyer et de belles relations se nouent. J’agis comme un grand frère. » A l’image de Gelson Fernandes ou Benoît Costil, les deux joueurs du Stade Rennais qui apprécient flâner sur les terrains de leur village le dimanche après-midi.

Adidas a d’ailleurs toujours privilégié le monde amateur. Le Directeur France, Guillaume de Montplanet, demande à tous ses collaborateurs de s’impliquer. Pour le prouver, Cédric Sautour peut raconter une belle anecdote. « Lors d’une convention nationale, devant 700 personnes, une présentation power point est lancée. Deux images partagent le grand écran : une photo d’équipe du Real Madrid et une autre du FC Fleuré, sans que je sois au courant, avec pour seul message que les racines du sport étaient dans le sport amateur. » Il ne se voit pas travailler pour une autre compagnie ni de changer d’activités. « Je suis un privilégié, ma vie est très rythmée mais je vis pour ma passion. Je le peux car ma famille accepte les sacrifices des absences répétées… Cette passion, comme toutes, a un véritable coût et être soutenu par mes trois Amours est une nécessité et une force ».

« Dans un vestiaire, ce sont de vraies relations humaines. »

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Aujourd’hui, il occupe la place de coach de l’équipe première à Fleuré en prenant le temps d’aller jouer avec l’équipe réserve. Plus que de courir, c’est le vestiaire qui plait à l’homme. « J’ai une passion de manager les hommes. Ce sont des vraies relations humaines. Quand je me suis fait les croisés, ce n’est pas le terrain qui me manquait mais l’état d’esprit du vestiaire. Il faut savoir trouver les mots justes, analyser les visages et ses expressions pour ensuite insuffler le bon ou le nouvel élan. » Cela permet aussi à Cédric de ne pas oublier les tracas d’un club amateur. « Il suffit de voir les bâtons et les pièges placés par les instances départementales ou régionales. Rien n’est fait pour simplifier le quotidien. » Agacé, il conclut en disant qu’il ne lâchera rien. « J’ai déjà payé et été sanctionné de ma franchise mais cela ne me fera pas abandonner. Les valeurs du sport amateur méritent d’être défendues et choyées. Les exécutifs, tant au niveau départemental que régional, sont, semblent-ils, dépassés mais les sportifs, les footballeurs et les passionnés gagneront toujours. »

Correspondance Luc Billaud

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