Bruno Luzi
Bruno Luzi l'ex-entraîneur du FC Chambly-Oise. (Photo Philippe Le Brech)

L’histoire entre Bruno Luzi et le FC Chambly-Oise s’est terminée début avril. Pour Footamateur.fr, l’emblématique entraîneur du FCCO revient sur les premières années du club.

En 1989, vous arrivez donc à Chambly, la « PME » familiale. Papa président, frère entraîneur-joueur, vous attaquant, à quoi ressemblait le club à l’époque ?

« Le FC Chambly, c’était une seule équipe. Il y avait un terrain parce qu’il y avait un club qui avait existé pendant à peine deux ans. La mairie n’avait pas de club municipal, puisque le club qu’il y avait ici était un club de cheminots via la SNCF Paris-Nord. La mairie ne s’était jamais penchée sur l’idée d’avoir un club. C’était très bien comme ça. Les gens de Chambly étaient habitués, s’ils voulaient pratiquer le foot, ils allaient chez les cheminots. C’était une ville de handball. Notre club ne ressemblait à rien. On n’avait pas de douches. A l’époque, j’habitais Creil à 30 kilomètres d’ici. On s’entraînait deux soirs par semaine sur un terrain de 40 par 40, plein de boue. Après, il fallait rentrer à 23h et prendre sa douche. C’était un bordel. On le faisait parce que c’était nous quoi. Il n’y avait pas de strass, ni de paillette. »

Vous travailliez à côté j’imagine.

« Bien sûr. Je travaillais dans le bâtiment, sur les chantiers. Puis j’ai travaillé avec mon frère. Il avait développé une entreprise, qu’il a toujours, de distribution d’articles de sport. Je lui donnais un coup de main en tant que commercial. On faisait la tournée dans plusieurs magasins partout en France. Il fallait aussi aller en Italie plusieurs fois, il travaillait avec une marque italienne. »

« Les deux équipes devaient se doucher ensemble »

Vous enchaîniez travail puis entraînement le soir, le week-end les déplacements…

« Quand on est en district les déplacements, on joue à 30 kilomètres. Ce n’est pas le plus compliqué. »

Douze ans en tant que joueur à Chambly. Vous passez de la dernière division de district jusqu’à la première, c’était un développement logique du club ? Quels étaient les moyens du club à ce moment-là ?

« Aucun, il n’y avait pas de moyens. Il devait y avoir une subvention municipale qui devait être de 6 000 francs. Il n’y avait rien du tout. La deuxième année, on a eu une douche. C’était une douche commune. Les deux équipes devaient se doucher ensemble à la fin, donc si ça c’était bien passé c’était intéressant. On a connu de belles choses. Puis à un moment donné, quatre-cinq ans plus tard avec les dirigeants et des joueurs, on s’est arrangé pour que la mairie nous achète des matériaux et on a fabriqué nous-mêmes un vestiaire avec une douche supplémentaire. Notre ancien vestiaire, c’était un bunker insalubre. On a fait les choses nous-même afin d’avoir un truc un peu mieux. »

Bruno Luzi : « C’étaient des copains qui venaient pour nous ! »

Les montées sportives allaient finalement plus vite que la construction du club.

« Bien sûr. On a commencé à avoir une deuxième équipe dès la deuxième année, les équipes de jeunes ont dû arriver au bout de 7-8 ans. Et encore, la première équipe de jeunes, c’est mon père qui la gérait, il y avait un gosse de 15 ans, un autre de 10 et un dernier de 8. Ils allaient au match, ils disaient à l’adversaire : vous avez match gagné, nous on joue pour jouer. On s’était mis d’accord avec le district. Ils avaient des licences mais on ne pouvait pas inscrire d’équipe, on n’avait pas assez de jeunes du même âge. Puis petit à petit, ça s’est fait. Chez les seniors, les divisions, ça s’est fait assez vite. On avait des joueurs qui avaient quand même joué à des niveaux intéressants. C’étaient des copains qui venaient pour nous. Ils avaient le niveau R1 à l’époque. A quatre-cinq joueurs, on gagnait les matchs. »

C’est à peu près à la même époque que vous découvrez le rôle d’entraîneur. Est-ce que Bruno Luzi était prédestiné à ça ?

« Non, pas vraiment. Au départ, c’était surtout pour donner un coup de main. Mon frère, qui était entraîneur-joueur, se blesse et se fait les croisés. Là-dessus, il me propose de prendre l’équipe. Moi-même je m’étais fait les croisés l’année d’avant, du coup je n’avais pas encore repris. Il me dit, tu peux prendre l’équipe pour dépanner pendant six mois. J’accepte, et ça se passe finalement pas mal. On était mal classé et on assure un bon maintien au bout des six mois. L’année suivante, Fulvio me dit que je peux prendre l’équipe, que lui en a marre, qu’il ne pourra plus jouer avec son genou et qu’il préfère prendre la présidence. Je m’étais pris au jeu donc j’accepte mais sans aucune ambition. Ça me plaît, je suis avec les copains, mais sans plus. »

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