Florence Hardouin AG 2022 (1)
Florence Hardouin lors de l'assemblée fédérale de juin 2022 à Nice. (Photo Philippe Le Brech)

Maintes fois accusée de management brutal, la directrice générale de la FFF Florence Hardouin a choisi de se dédouaner sur les autres.

« Mais comment peut-on oser écrire ça ? » Plusieurs salariés et ex-salariés de la Fédération Française de Football nous ont fait part de leur grand étonnement à la lecture des différentes sorties de Dominique Rouch, la conseillère communication de Florence Hardouin. « Son unique préoccupation a toujours été de protéger l’institution et les collaborateurs de la FFF » a-t-elle notamment confié à Ouest France. Ou encore « Florence Hardouin s’est toujours préoccupée de ses salariés » auprès de L’Equipe.

Mise à pied à titre conservatoire, et convoquée en entretien préalable au licenciement le 21 février, la directrice générale de la FFF tente de se défendre. Mais elle contre-attaque aussi via Dominique Rouch. « Dans un mail du 16 août 2020, elle a demandé à Noël Le Graët de procéder à une enquête interne suite à des plaintes pour harcèlement émanant de salariés de la directrice des services informatiques, peut-on lire sur L’Equipe. Elle lui écrivait que les statuts la rendaient responsable de la gestion du personnel et qu’elle ne voulait pas se voir reprocher son inaction, notamment s’agissant de salariés en souffrance. »

Les propos de Florence Hardouin engagent la FFF

Des propos qui n’ont pas fait plaisir à Armelle Kus Saint-Supéry, l’ex-directrice des services informatiques (DSI). « Florence Hardouin voulait la faire virer au retour des congés de l’été 2020, se souvient un salarié de la FFF, habitué du troisième étage. Elle avait averti Noël Le Graët et Pierre-Arnaud Custody (l’ancien DRH, N.D.L.R.) d’un harcèlement envers des salariés de la DSI. En fait, elle n’a jamais apporté de preuves. Cette histoire de harcèlement à la DSI est arrivée quelques temps après un courrier d’Armelle au président pour se plaindre du comportement de la directrice générale. C’est assez cocasse ! »

Malgré sa mise à pied à titre conservatoire, Florence Hardouin reste salariée de la Fédération Française de Football. Et par les propos relayés par sa conseillère communication, elle engage donc la responsabilité de l’instance fédérale.


A lire aussi
L’audit sur la FFF fustige « une gouvernance fédérale défaillante »


Florence Hardouin a eu le même comportement envers plusieurs autres directeurs, d’où la lettre envoyée par quatorze d’entre-eux en septembre 2019 au président de la FFF. « Elle racontait que Pierre Samsonoff (ancien directeur général adjoint) et Alexandre Chamoret (directeur de la communication) étaient des alcooliques, assure ce salarié de la FFF. Elle a voulu licencier Christophe Drouvroy, le directeur des compétitions nationales, et même Pierre-Arnaud Custody. Mais le président s’y était opposé. »

Florence Hardouin remet en cause des témoignages

Dans son rapport de synthèse, la mission d’audit a notamment affirmé que « plusieurs auditions font en outre état de certains entretiens menés avec brutalité et d’un comportement humiliant ». Pourtant, Dominique Rouch assure dans Ouest France que « les attaques formulées contre Florence Hardouin sont le fait d’anciennes salariées en litige ouvert contre la FFF, la sincérité de leur témoignage est donc fortement questionnable ».

Une étrange stratégie de défense que dénonce également un des avocats de Noël Le Graët. « On voit bien qu’elle a choisi un angle improbable, affirme Thierry Marembert dans L’Equipe. La stratégie de Mme Hardouin tombe opportunément, au moment où elle est très menacée dans son emploi, dans sa carrière et sa rémunération. » La guerre des mots ne fait sûrement que commencer…

A lire aussi
Florence Hardouin, une épine dans le pied de Noël Le Graët