Bastia Furiani (Armand Césari - SCB) (2)
Le stade Armand-Cesari de Furiani. (Photo Philippe Le brech)
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Un stade, une histoire. En hommage aux victimes du drame de Furiani, retour sur l’histoire du stade Armand-Cesari, patrimoine du football corse.

Le 5 mai 1992 restera gravé à jamais dans la mémoire des Corses. Ce jour-là, juste avant la demi-finale 75e édition de la Coupe de France entre le Sporting Club de Bastia et l’Olympique de Marseille, une tribune provisoire s’était effondrée avec un bilan très lourd : 18 morts et 2 357 blessés. En hommage aux victimes du drame de Furiani, retour sur l’histoire du stade Armand-Cesari.

Alors que le SC Bastia a été créé en 1905, il faut attendre le début des années 1930 pour que germe l’idée de construire un stade dont le club serait propriétaire sous l’impulsion du président de l’époque, le docteur Pierre Luciani. Car depuis sa création, le SCB avait joué sur la place Saint-Nicolas puis sur le place d’Armes. Ou alors le club était obligé de s’exiler vers d’autres stades.

Comme l’explique le site Spiritu-turchinu, « le lieu-dit Campaleone est acheté en 1926 par Joseph Cesari, Louis Orenga, Pierre Lucciani, José Mattei et Pierre Grimaldi pour 3 500 francs est cédé au club le 1er juillet 1931 ». Le première pierre est posée le 4 février 1932 puis le stade est inauguré le 16 octobre de la même année. Le terrain de Furiani a été choisi car peu cher et pratique d’accès avec la gare à proximité.

Le mémorial du 5 mai 1992 devant le stade Armand-Cesari. (Photo Philippe Le Brech)

Du Docteur Luciani à Armand Cesari

« Le 25 juillet 1933, le Comité Directeur donna le nom de Docteur Luciani au stade de Furiani, lui qui avait tant œuvré pour la création et la réalisation du stade » rappelle également le site spécialisé sur le SC Bastia. Les premières publicités ont été visibles dès les premières années avec des « panneaux réclame ». Puis en 1934, l’exploitation du stade fut séparée de la gestion de l’association avec deux caisses distinctes comme l’explique le site Musée du sport.

Le 21 janvier 1936 disparaissait Armand Cesari, joueur majeur et ancien capitaine du club, à seulement 33 ans. Le stade de Furiani a donc été rebaptisé lors de la saison 1937-1938. En 1965, un projet d’installation de l’éclairage est lancé afin de pouvoir jouer en nocturne. A cette époque, seuls les stades de Lyon, Reims, Rennes et Saint-Etienne en étaient équipés. Il sera mis en service en 1968.

Le nom des tribunes, une partie de l’histoire du club

Avec tout juste 10 000 places, et un public bouillant, le stade Armand-Cesari a notamment joué un rôle important dans l’épopée du SC Bastia en coupe de l’UEFA 1977-1978. Le SCB a éliminé le Sporting CP Lisbonne, Newcastle United, Torino, Carl Zeiss Iéna et le Grasshopper Zürich. En finale aller face au PSV Eindhoven, les Turchini font match nul sur leur terrain (0-0) avant de s’incliner lourdement au match retour (3-0). A l’issue du drame du 5 mai 1992, des travaux de rénovation et d’agrandissement vont permettre de porter la capacité à 17 000 places.

Avec le nom des tribunes, c’est aussi toute l’histoire du SC Bastia qui est mise en avant. Jojo-Petrignani (Est) était un fervent supporter durant près de 30 ans. Claude-Papi (Nord) porte le nom du meilleur joueur de l’histoire du club, décédé le 28 janvier 1983 d’une rupture d’anévrisme à seulement 33 ans. Pierre-Cahuzac (Ouest) était l’entraîneur qui a permis au SCB de terminer troisième de Ligue 1 en 1977 puis en finale de la coupe de l’UEFA en 1978. Victor-Lorenzi (Sud) a été président de 1933 à 1973, emmenant le club vers le professionnalisme en 1965.

Aujourd’hui, le stade Armand-Cesari appartient à la communauté d’agglomération de Bastia qui doit voir avec un bon œil le retour du club dans le giron professionnel la saison prochaine.

Les joueurs du SC Bastia ont fait une minute de recueillement ce mardi soir lors du match à Cholet. (Photo Philippe Le Brech)

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