Arnaud Lecuyer (entouré en rouge) évolue avec l'équipe de sa commune. (Photo DR)

Buteur ce week-end en Départemental 3, Arnaud Lécuyer est un maire atypique puisqu’il joue dans le club de sa commune. Ce qui n’est pas toujours simple.

Dimanche matin, Arnaud Lécuyer a chaussé les bottes pour se rendre sur le terrain du stade municipal afin de vérifier si le match de l’après-midi pouvait se jouer face au voisin Ruca, en Départemental 3 des Côtes d’Armor. Malgré les précipitations de la semaine, Monsieur le Maire de Saint-Potan a validé la tenue de ce derby. Quelques heures plus tard, il avait troqué ses bottes pour les crampons… et il a marqué pour une victoire potanaise (2-0).

Pourtant, le président de Dinan Agglomération doit gérer avec son emploi du temps pour se faire plaisir sur les terrains de foot. « Il faut se libérer du temps pour aller s’entraîner et j’essaye d’en faire un par semaine » explique-t-il. Et ce n’est pas forcément évident de s’afficher sur les terrains de football. « Quelques fois, j’essuie des remarques par rapport à mon poste de président de l’agglo, indique Arnaud Lécuyer. Mais bon, je jouais au foot avant d’être Maire. Je sais qu’il ne faut pas que je râle sur le terrain, ça peut être un peu contraignant. »

Et avoir Monsieur le Maire dans son équipe, est-ce un avantage u un inconvénient pour le club ? « L’entraîneur est un copain, donc il n’y a pas de problème, souligne-t-il. Concernant l’état du terrain, on se concerte. Mais je demande aussi l’avis aux deux employés des services techniques qui sont des footeux. On a une logique d’entretien avec des règles assez strictes afin que notre terrain soit de très bonne qualité. »

« Du mal à trouver des bénévoles ! »

Le stade municipal de Saint-Potan, qui est homologué niveau 4 – accueille d’ailleurs régulièrement des rencontres amicales de clubs de National 2 et National 3. « Je fais attention à ce que les conditions soient bonnes, assure Arnaud Lécuyer. Quand les conditions ne sont pas bonnes, on se met d’accord pour aller courir afin de ne pas abîmer le terrain. C’est agréable d’aller au bord de mer (rire). »

Avec 43 licenciés, l’AS Saint-Potan est un petit club rural qui connaît tous les problèmes du football amateur. « On a frôlé la correctionnelle en 2016, rappelle Monsieur le Maire. Le club venait d’avoir 50 ans et on s’est retrouvé avec neuf ou dix licenciés. On a été tout prêt d’arrêter. Mais on a été chercher un nouvel entraîneur et c’est reparti. Aujourd’hui, on n’a pas trop de mal à faire nos deux équipes seniors. »

Ce n’est le seul soucis pour le club de sa commune. « On a toujours du mal à trouver des bénévoles, précise-t-il. On voit toujours les mêmes personnes à la buvette u encore pour tracer le terrain. » Même si l’AS Saint-Potan est en groupement pour ses jeunes, le club tient à son indépendance… et il peut compter sur son Maire pour le soutenir !

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